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Un Tour du VAUCLUSE pour lancer la saison cycliste en 1924.

C’est Le Miroir des Sports du 3 avril 1924 qui nous raconte le début de la saison cycliste, loin des Emirats comme cela se fait de nos jours.

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Tout d’abord, ce début de saison se situe en avril et non en janvier et c’est dans le Vaucluse que quelques cyclistes professionnels vont se mélanger à un peloton de coureurs régionaux, tout contents de se mesurer à l’élite. Et c’est les échappées devant l’Arc-de-Triomphe romain d’Orange que le magazine sportif a choisi pour illustrer sa une.

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Les échappées ne sont pas des coureurs qui ont laissé leur nom dans la mémoire collective du sport cycliste mondial, loin de là: Ducerisier, Ville et Hillarion. Il faut dire que bien des pros ont pris la tangente depuis le premier tiers de la course suite à un incident:

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une erreur d’aiguillage de la part des occupants d’une voiture suiveuse qui rejeta les frères Pelissier, Suter, Alavoine, Jacquinot dans la nature avec un débours de 30 minutes sur les premiers quand ils retrouvèrent la route de la course, comme nous le raconte ce passage de l’article:

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Des pros peut-être pas si mécontents que cela de rentrer à l’hôtel plus tôt que prévu, à une semaine du grand Paris-Roubaix qui est leur premier objectif de 1924 !

Surtout que le départ de la randonnée autour du Vaucluse s’était passé dans une ambiance du Nord de la France…

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humidité, brouillard, froid… Mais cela allait rentrer dans l’ordre dès l’apparition des premiers rayons du soleil provençal.

La course est en effet un véritable Tour du Vaucluse, partie d’Avignon pour rentrer au même endroit en passant par le pied du Luberon, les monts du Vaucluse (on ne monte pas au Ventoux tout de même), le grand nord vauclusien en fin de parcours, vers Bollène, comme on le voit ici…

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avant une descente le long du Rhône sur la Nationale 7 comme ici à Mondragon…

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avec un paysage connu de la route de Bollène, Orange(on l’a vu), Courthézon…

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pour une arrivée sur le vélodrome de Bagatelle en Avignon, un stade-vélodrome situé à proximité du pont suspendu d’alors (pont Saladier de nos jours), dans l’île de la Barthelasse, un stade qui existe toujours même s’il a perdu son vélodrome… que l’on perçoit tout de même encore un peu:

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 Une belle victoire de Maurice Ville devant Hillarion et Ducerisier comme on peut le lire sur ce classement final de la course:

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Une belle balade en Vaucluse de 283 bornes (!) parcourues à presque 30 km/h de moyenne. Une preuve que les absents qui se sont esquissés le matin eurent tort: Maurice Ville fit second de la « Pascale », sur le vélodrome de Roubaix, le dimanche suivant !

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… BRUGUIER Martial.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-troisième nom de la liste: Bruguier Martial Roger…. qui n’est pas inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse. Comme on l’a déjà lu, Martial avait suivi sa famille partie dans le Gard entre 1907 et 1911, allant vivre du côté de Bagnols-su-Cèze, faisant ainsi le chemin inverse du grand-père passé de Bagnols à Caderousse au milieu du XIXème siècle.

N’ayant pas eu accès au registre matricule complet de Martial Bruguier, cet article sera susceptible d’être modifié. Toutefois, son parcours militaire étant très court, on peut imaginer que nous sommes en grande partie dans le vrai.

Né le 1er mars 1894, Martial Bruguier dut être incorporé sur la fin de 1914. Où ? C’est une question à laquelle pourrait répondre la registre matricule. Au 14ème Bataillon de Chasseurs à Pied où on le retrouve en 1915 ?

Toujours est-il qu’il est envoyé tout près du secteur où disparaîtra son petit-cousin Léon Bruguier, lui aussi chez les Chasseurs… Alpins… dans les Vosges. Les sorts de l’un comme de l’autre sont étroitement liés. L’un, Léon arrive dans le secteur du Reichackerlopf pour remplacer les pertes considérables subies par le 6ème BCA les 20 et 21 juillet. L’autre, Martial va être tué lors d’une attaque mise au point par l’Etat-Major sur ordre de Joffre pour faire oublier l’échec de l’attaque du 22-21 juillet. Mais le sommet visé est un peu différent, il s’agit du Linge ou Lingenkopf, surnommé plus tard « le Tombeau des Chasseurs » ! Tout un programme !

Entre les 2 lieux, environ 6 kilomètres à vol d’oiseau, toujours autour de Munster. Une série d’attaque se dérouleront pour prendre ce promontoire dominant… pas grand chose ! Car c’est bien là le malheur. L’intérêt stratégique du Linge était très modeste. Il ne dominait pas une voie de traversée des Vosges, celle du col de la Schlucht étant trop au sud, ni la plaine d’Alsace bien trop à l’Est. Mais Joffre voulait à tout prix ce sommet et les Allemands voulaient à tout prix le conserver. Bilan des combats du 26 juillet au 15 octobre 1915: 16 000 morts, 7 000 Allemands et presque 9 000 Français. Un inutile carnage puisqu’après la mi-octobre, on abandonna l’idée de prendre le Linge et le secteur resta calme pour le reste de la guerre, les Allemands l’abandonnant sans combat au moment de leur retraite !

Au premier jour de l’attaque, les Chasseurs atteignirent le sommet au prix de pertes considérables. La 3ème Compagnie de Martial Bruguier s’y installa. La suite, ce fut la riposte allemande et de terribles bombardements que subirent les défenseurs dont le Gardois ouCaderoussier Martial Bruguier. Voilà ce qu’en dit le Journal de Marche de l’unité en date du 27 juillet 1915.

Bilan de la journée pour le narrateur: 16 tués, 157 blessés et 2 disparus. Un nombre relativement optimiste de morts puisque, par exemple, pour Martial Bruguier répertorié comme blessé, il est considéré comme décédé ce jour-même, le 27 juillet 1915.

Il était alors âgé de 21 ans 4 mois et 27 jours.

A visiter le site sur le Linge avec nombre de photos récentes de cette colline classée monument historique.

La fiche de Martial Roger Bruguier de Mémoire des Hommes

Martial Roger Bruguier, matricule 34 classe 1914, bureau de recrutement de Pont-Saint-Esprit pour ceux qui souhaiteront aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Gard quand elles seront un jour numérisée. 

A suivre: Cambe Eugène.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… BRUGUIER Marius.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-deuxième nom de la liste: Bruguier Marius François.

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Première face du Monument.

Petit frère de Léon Bruguier, né le 16 août 1886, Marius fut appelé sous les drapeaux le 7 octobre 1907. La révolte des vignerons du Midi et la mutinerie des soldats du 17ème de Ligne étant passées par là, Marius dut prendre la direction de Besançon au lieu d’Avignon. Pas de caserne Chabran et de 58ème RI mais la caserne Charmont et le 60ème Régiment d’Infanterie pour le jeune Caderoussier ! Sa période militaire durera un peu plus de trois ans à cause d’un petit problème de discipline au début de l’an 1908 !

En effet, la lecture du registre matricule de Marius Bruguier nous apprend qu’il sera un temps considéré comme déserteur. Oui, il quitta en douce le régiment doubiste et la région de Besançon le 21 janvier 1908. L’autorité militaire s’en aperçut lors de l’appel du soir. Le semaine réglementaire d’attente passée, l’Armée le plaça comme déserteur le 28 janvier suivant. Ça ne sentait pas très bon pour Marius, rentré à Caderousse dans son foyer. C’est là que les gendarmes d’Avignon vinrent le cueillir le même jour et sa fugue prit fin. Il était ramené dans son unité entre deux gendarmes le 31 janvier 1908.

L’armée ne lui tint pas rigueur de cette petite incartade car Marius ne connut pas le trou, sa « désertion » ne fut pas inscrite dans son dossier militaire et il reçut tout de même à sa libération un certificat de bonne conduite. Mais comme le règlement est le règlement, il fit deux semaines de supplément à la fin de ses trois années et retrouva la vie civile avec 15 jours de retard, le 24 octobre 1909.

Six ans plus tard, c’était la guerre, la mobilisation générale du 2 août 1914 et un retour sous les drapeaux pour tous les réservistes nés à partir de 1867. Marius en faisait bien entendu partie mais on le convoqua à la caserne Chabran d’Avignon et non à Besançon. Il fut donc incorporé au 258ème Régiment d’Infanterie, la réserve du 58ème Régiment d’Infanterie. Ce petit détail, non mentionné sur les registres matricules de Marius Bruguier, ne posa problème un bon moment lors de cette recherche, avant de pouvoir renouer le fil de ce récit !

Ce sont les régiments des jeunes recrues qui furent envoyées en premier vers le front de l’est et du nord de la France. Le 58ème R.I. partit d’Avignon très rapidement pour la région de Nancy, on en a parlé lors de l’évocation de la courte guerre d’Augustin Aubert, tué le 11 août 1914, lors d’une initiative malheureuse d’un gradé inconscient du côté de Lagarde. A cette date, les « vieux » du 258ème campaient du côté de L’Isle-sur-la-Sorgue, de Chateauneuf-de-Gadagne, attendant en tirant quelques coups de feux d’entraînement que le PLM ait pu absorbé le flot des troupes prêtes au combat.

Le 258ème prit le train le 21 août et débarqua à Dugny-sur-Meuse ce fameux 22 août 1914, le « Bloody Day » de l’Armée française. On est là au sud de Verdun. Les premiers coups de feu sont échangés avec les Allemands deux jours plus tard, à Buzy-Darmont. Mais ce n’est rien d’un gentil prologue. Le Journal de Marche de l’unité parle d’une petite panique (cohue) chez les hommes devant la puissance de tir ennemie. Finies les manoeuvres à Gadagne, on dénombre 100 tués et 300 blessés dans les rang du 258ème, en 24 heures ! Terrible baptême du feu !

Mais le régiment connaîtra bien pire, un an et demi plus tard. Nous sommes toujours dans le même coin d’Argonne mais depuis le 21 février 1916, c’est l’enfer. Les réservistes avignonnais tiennent le secteur du bois de Malancourt, à 20 kilomètres au nord-ouest de Verdun. Les jours qui précèdent le 20 mars 1916 sont plutôt calmes: quelques tirs croisés. Trop calmes ! Les Allemands amènent en cachette des observateurs français qui ont tout de même entendu des bruits de véhicules,  de nombreuses troupes. Le matin du 20 mars 1916, c’est l’attaque et la narration qu’en fait le membre de l’Etat-Major de l’unité à l’arrière est édifiante:

Scénario classique: un déluge d’artillerie s’abat sur les tranchées du 258ème au bois de Malancourt laissant les hommes hébétés et annihilant toute réaction quand les vagues d’assaut des fantassins allemands déboulent. Bilan, de nombreux tués et blessés et quasiment tout le régiment détruit à l’exemption de la 22ème compagnie, l’Etat-Major s’en apercevra 2 jours après quand elle réapparaîtra ! Un désastre tel que le régiment sera dissout, faute de combattants, quelques jours après.

Beaucoup d’hommes furent fait prisonniers et ce fut le cas de Marius Bruguier. Sa guerre était terminée et il fut envoyé à l’arrière, au camp d’Heuberg. Ce camp était situé sur la commune de Stetten-am-Kalten-Markt, non loin de Sigmaringen où en 1945 se réfugièrent Pétain et Laval. Ce camp fut ouvert dès le 17 octobre 1914 par l’armée allemande. Les 29 premiers prisonniers français arrivèrent en 25 novembre de la même année. Cinq jours plus tard, ils étaient presque 200 et deux ans et demi après, Heuberg était devenu une ville cosmopolite de 15 000 hommes, principalement des Russes (7 500) et des Français (5 000) ! Le site de l’Amicale du 3ème Dragons évoque ce camp et publie d’intéressantes photos et textes. A visiter !

A cette date de la fin d’été 1917, Marius Bruguier n’était plus en Bade-Württemberg. Le 17 septembre 1917, gravement malade, les autorités allemandes autorisèrent la Croix-Rouge à l’évacuer en Suisse. Toujours retenu, il bénéficia des accords de Berne entre les belligérants français et allemands sur le sort des prisonniers de guerre blessés ou malades pour être définitivement transféré en France. Tous les 2 mois, deux trains de prisonniers faisaient la navette entre Constance et Lyon, emmenant et ramenant des centaines de malades et grands blessés.  A partir du 29 mars 1918, Marius Bruguier fut hospitalisé un temps à Saint-Genis-Laval, dans cette bourgeoise banlieue ouest lyonnaise puis évacué chez lui, à Caderousse.

Atteint d’une grave tuberculose pulmonaire, il s’éteignit auprès des siens le 08 août 1918, quelques jours avant de fêter son 32ème anniversaire. Il est considéré comme Mort Pour La France, ayant contracté cette maladie en camp de prisonniers de guerre.

La fiche de Marius François Bruguier de Mémoire des Hommes

…et une autre fiche concernant le même Marius Bruguier sur ce même site.

Marius François Bruguier matricule 311 classe 1906, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. 

A suivre: Martial Bruguier.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… BRUGUIER Léon.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-unième nom de la liste: Bruguier Auguste Léon.

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Première face du Monument.

Né le 11 février 1884, Léon Bruguier fut appelé par l’armée 21 ans plus tard, le 10 octobre 1905. C’est au 58ème Régiment d’Infanterie qu’il arriva. Mais il n’allait pas y rester longtemps. On apprend à la lecture de son registre matricule qu’il fut renvoyé dans son foyer et surtout réformé par la commission spéciale des réformes d’Avignon pour « tuberculose, articulaire ». La virgule entre les 2 mots signifie-t-elle qu’il s’agit de 2 affections ou d’une seule ? Malgré qu’à l’époque les antibiotiques n’étaient pas encore là pour combattre ces bactéries, cette affection pourtant gravissime n’empêchera pas Léon de vivre quelques années, de fonder une famille en ayant la petite Marie-Jeanne et de travailler aux champs avec son père et son petit frère. Peut-être le diagnostic médical militaire était-il un tantinet exagéré !

Quand éclata la première Guerre Mondiale, ce statut de « réformé sanitaire » sauva un moment Léon Auguste Bruguier. Pas très longtemps avec le besoin d’hommes qui se faisait sentir après la grande saignée des 3 premiers mois de guerre. Ainsi, le 1er décembre 1914, le conseil de révision d’Orange décida que Léon était miraculeusement « bon pour le service ». Le 22 février 1915, il fut incorporé au 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied de Villefranche-sur-Mer.

Le 6ème Bataillon de Chasseurs à Pied qui deviendront Alpins pendant la Grande Guerre, tenait un secteur du front des Vosges, au-dessus de Munster, connut par un sommet, le Reichackerkopf appelé aussi le Reichsackerkopf. Ce sommet dominant une vallée donnant sur la plaine d’Alsace au niveau de Colmar, était tenu par les troupes bavaroises qui y étaient solidement implantées. Point stratégique, il était convoité par l’Etat-Major français.

Ce qui donne en se rapprochant grâce à Google Mpas:

De mars à juillet 1915 s’y déroula une terrible bataille pendant laquelle les alpins français échouèrent dans la conquête de  ces sommets (car il y avait un Petit et un Grand Reichackerkopf à l’ouest du col de Sattel) ou, quand elles y parvinrent, ce ne fut jamais pour très longtemps !

https://i0.wp.com/images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/979/reichackerkopf.jpg

Photo d’une collection privée mise en ligne sur le site:

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Sites-et-vestiges-de-la-Grande-Guerre/reichackerkopf-sujet_918_1.htm. On y voit un bombardement allemand sur le Reichackerkopf.

Léon arriva au 6ème Bataillon de Chasseurs à Pied le 5 août 1915. Comme on peut le lire ci-dessous…

les attaques infructueuses des 20 et 21 juillet 1915 décimèrent le régiment avec 439 hommes mis hors de combat. Il fallait du sang frais, Léon Bruguier était un des nouveaux venus pour combler les vides.

A partir de cette fin-juillet, le secteur devint plus calme. L’Etat-Major avait compris que les défenses allemandes étaient solides, les bunkers bien souvent bétonnées quasiment imprenables et il préféra insister dans d’autres secteurs dont celui du Linge.

On apprend sur les registres matricules que Léon Bruguier fut tué quelques semaines après avoir rejoint le 6ème BCP, le 29 septembre 1915, le jour de la Saint-Michel, date de la fête patronale de son village de naissance !

Toutefois, la lecture du Journal de Marche du 6ème BCP, pourtant toujours très fiable ne note rien de particulier pour cette journée:

Le secteur était calme comme depuis plusieurs jours et aucune perte humaine n’est signalée en date du 29 septembre 1915.  Bizarre ! Par contre, 3 jours après, le 2 octobre 1915, un chasseur a été victime d’une explosion suite à un bombardement au minenwerfer allemand (un mortier maniable)..

Serait-ce Léon Bruguier, victime d’une erreur de transcription ou le narrateur a-t-il fait un oubli le 29 septembre ?

Toutefois, dans le livre Historique du 6ème Bataillon de Chasseurs à Pied pendant la Grande Guerre, le nom de Léon-Auguste Bruguier est bien inscrit dans la très longue liste des hommes décédés de ce régiment.

Triste Saint-Michel pour le restant des jours pour les proches de Léon Bruguier qui lui survécurent.

La fiche de Auguste Léon Bruguier de Mémoire des Hommes.

Auguste Léon Bruguier matricule 192 classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. 

A suivre: Marius Bruguier.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… les BRUGUIER.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

108 parcours et non plus 107 car nous allons évoquer aujourd’hui le cas des Poilus Bruguier à travers leur famille, avant la Grande Guerre. S’il existe bien 2 Bruguier inscrits sur le Monument au cimetière: Léon et Marius, deux frères, un troisième Bruguier, Martial a été oublié en 1937. Ce n’est pas un troisième membre de la fratrie mais un petit-cousin des 2 précédents. On va le voir. Dans un second temps, on évoquera le parcours de chacun des 3 pendant la Guerre dans d’autant d’articles individuels.

Vingt et unième, vingt-deuxième et vingt-troisième  noms de la liste: Bruguier Léon, Marius et Martial.

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Première face du Monument.

L’Etat-Civil numérisé de Caderousse aux Archives du Vaucluse va bien nous aider pour découvrir l’origine de cette famille. On doit remonter au début du XIXème siècle pour trouver un ancêtre commun aux 3 Poilus: le couple Simon Bruguier- Marie-Colombe Roussel vivant du côté de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard. Ce sont les arrières-grands-parents de Léon, Marius et Martial. Simon est tourneur sur bois puis marchand, Marie, ménagère bien entendue.

Ce sont deux des fils de ce couple qui devait s’être uni dans les premières années de la Restauration, qui vont émigrer sur la rive gauche du Rhône, en convolant en justes noces avec des filles de Caderousse.

François Bruguier, né à Bagnols en 1824 va prendre pour épouse Madeleine Marguerite Giornal née en 1830. Les noces seront célébrées le 20 novembre 1849, à 9 heures du matin par le capitaine en retraite, Chevalier de la Légion d’Honneur, Janvier-Marie Petison de Fethia, accessoirement Maire de la commune. Ils auront de nombreux enfants et seront les grands-parents paternels de Léon et Marius.

Parmi les enfants issus de cette union, naît Auguste, le 08 septembre 1859, rue Saint-Michel. 27 ans plus tard, Auguste épousera Emilie Sabine (prénom usuel) Ruat née le 16 mai 1859 à Caderousse. C’est Alexis Simon, adjoint au Maire manifestement dévoué à célébrer les mariages cette année-là (à moins que le Maire soit décédé), qui unit Auguste et Sabine le 19 septembre 1878.

On retrouve la famille quartier Lapérat (ou La Péran) à Caderousse, quelques mois après le début du XXème siècle…

…en page 66 du recensement de 1901. 5 enfants sont nés dont les 2 futurs Poilus ! Sauf que Léon est justement appelé Auguste (son premier prénom officiel) alors que Marius est improprement appelé François (de son second prénom officiel). Auguste Léon est né le 11 février 1884 à Caderousse, aux Cabannes où son père était métayer comme il l’est toujours en 1901 à La Péran. Marius François est né 2 ans plus tard, le 16 août 1886.

Dix ans passent et on se rapproche de la Grande Guerre. Le recensement de 1911 nous apprend que la famille s’est bien agrandie. C’est Léon qui, à son tour s’est marié avec une Léonie et vit, comme cela se faisait communément à l’époque sous le même toit que ses parents.

Une petite Marie-Jeanne a vu le jour au foyer de Léon et Léonie, un an plus tôt, en 1910 si bien que 3 générations cohabitent dans la grange. Marie-Jeanne deviendra très vite, à 6 ans, orpheline de guerre. De son côté, Marius est toujours à la ferme. Le père et ses 2 fils font tourner l’exploitation agricole. On peut imaginer les conséquences catastrophiques, autant familiales que professionnelles, qu’entraîneront les incorporations puis les décès des jeunes hommes.

Quant à la grand-mère Madeleine (née Giornal), elle est toujours de ce monde en 1911 et vit seule, rue des Ecoles, malgré son âge respectable de 84 ans.

Passons maintenant à l’histoire du petit-frère de François Bruguier, le grand-père de Léon et Marius: Simon Bruguier. A noter qu’il porte le même prénom que son père, celui qui se maria vers 1820.

Né en 1929, à Bagnols-sur-Cèze bien entendu, Simon Bruguier épousera à Caderousse Marie Nathalie Ferragut le jour de la Saint-Valentin 1855. Un grand sentimental ce Simon !?! Pas sûr que la fête commerciale liée à la Saint-Valentin née au milieu du XIXème siècle ait atteint Caderousse en 1855 ! Ce qui est certain, c’est que Joseph Henri Rollet, maire et officier de l’Etat-Civil présidait cette cérémonie.

De cette union naîtra Barbe Philémon Bruguier (voilà 2 prénoms originaux !) le 11 décembre 1857. Devenu jardinier comme son père, il épousera à son tour une fille du village Marthe Mélanie Lurion le 2 juillet 1884, devant Jean André Estran, Maire et officier de l’Etat-Civil.

Martial Roger Bruguier naîtra quartier Fazende le 1er mars 1894. C’est ce gamin de 20 ans, petit-cousin de Léon et Marius qui sera envoyé fin 1914 combattre les Allemands dans les tranchées de l’est de la France.

Voyons cette famille telle que la décrit le recensement de 1901.

Les parents Barbe et Marthe, 4 garçons: Roger Louis, Martial, Clément, Marcel  et le grand-père Simon, âgé de 74 ans et veuf, qui vit chez ces enfants. Très bien… mais la lecture du recensement suivant de 1906 va nous permettre de rectifier quelques erreurs:

Le départ de l’aîné des garçons Roger Louis placé chez un patron fait de Martial le nouvel aîné de la fratrie… sauf que tout en bas de la famille, une Marie, absence en 1901 le devance de 6 ans ! Où était-elle en 1901 ? Oubliée ? Clément est devenu Justin, son premier prénom officiel et Marcel… Marcelle. La transsexualité n’ayant pas débuté à Caderousse au début du XXème siècle, on peut raisonnablement penser que l’agent recenseur de 1901 avait pris quelques largesses avec la vérité ou quelques verres de trop ! Un petit Auguste est venu au monde et Papy Simon a maintenant 82 ans. Il ne se fait pas jeune, le pauvre, surtout qu’il a pris 8 ans… en 5 ans !

En 1911, la famille n’apparaît plus dans les listes du recensement. Elle a quitté Caderousse, certainement pour retourner dans le Gard, du côté de Bagnols-sur-Cèze. Né en 1894, Martial Bruguier aura vécu au moins 13 ans à Caderousse et dans ce cas, seulement 9 ans ailleurs. Sans chauvinisme aucun, il peut être considéré comme Poilu de Caderousse !

Si la petite Marie-Jeanne, bébé d’un an en 1911, a donné une descendance, il existe peut-être quelque part dans un grenier pas encore vidé ou une boîte de chaussures, des souvenirs de Léon Bruguier ou de Marius… Si quelqu’un reconnaît comme ancêtre direct ou indirect Léon, Marius ou Martial Bruguier, qu’il ne se gène pas pour réagir.… 

 

A suivre: Léon Bruguier.

Arbre des Bruguier par Paule58

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107 POILUS de Caderousse, 107 DESTINS… BROQUIN Paul.

107 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 107 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingtième nom de la liste: Broquin Paul Marius Jean Antoine.

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Première face du Monument.

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague,

Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues

…c’est dans ce paysage des Flandres belges que Paul Broquin, le petit mitron caderoussier, fut envoyé combattre les Allemands, envahisseurs de la petite Belgique, avec son régiment de Zouaves de Tunisie où le hasard des incorporations militaires l’avait expédié quelques mois avant le déclenchement du premier conflit mondial. Il y laissa sa vie près de Nieuport, une station balnéaire à la mode pour la bourgeoisie flamande, qu’elle soit française ou belge et même quelques privilégiés anglais. Mais en juin 1915, ce n’étaient pas les mouettes qui volaient par dessus les hôtels de luxe mais les obus remarquablement précis de l’artillerie allemande dans un pays où pourtant, les seuls points d’observation étaient des cathédrales pour uniques montagnes.

Paul Broquin était donc né le 27 décembre 1892 à Caderousse de parents caderoussiers l’un et l’autre. Son père Louis Gabin,  né en 1864, était un ancien cordonnier comme son propre père, transformé sur le tard en marchand de vins. A 3 ans près, le père avait évité un retour sous les drapeaux en 1914, une armée qu’il n’avait pas faite plus jeune en tant que soutien de famille. Sa mère, elle, Louise Honorine Barbier qui venait de la campagne, était née en 1867. Ses parents avaient convolé en justes noces le 1er juin 1887. Des enfants arrivèrent rapidement mais qui disparurent aussi vite: Marie Louise né en 1888 et décédée en 1889, Louis Antoine né en 1889 mais qui ne vécut que 4 mois. Terrible mortalité infantile ! Louise Marie née le 18 septembre 1890 puis Paul eurent plus de chance que leurs aînés et vécurent jusqu’à l’âge adulte.

Au recensement de 1911, Louise avait quitté la maison et seul Paul vivait chez ses parents.

Il avait choisi de devenir ouvrier boulanger mais comme vous le lisez ci-dessus, l’agent recenseur avait oublié de lui demander chez quel patron si bien qu’un siècle plus tard, mous ne pouvons le préciser !

C’est tout de même le troisième apprenti boulanger caderoussier qui disparaîtra pendant le Grande Guerre. A l’instar de Fernand Bernard, son métier amènera donc l’armée à  le verser dans un premier temps en C.O.A., la 25ème section des Commis et Ouvriers d’Administration. A partir du 20 octobre 1913, il fut donc employé à fabriquer du pain dans une caserne de Tunis. Pas  de service armé mais le four à pain chez les Zouaves !

Le départ des unités d’Afrique vers le front français doublé de l’hécatombe sanglante des 3 premiers mois de guerre entraînèrent sa mutation au 4ème Régiment de Zouaves de Tunis, le 14 novembre 1914. Un mois plus tard, c’est sur le paquebot « Mansoura » de la Compagnie de Navigation Mixte Touache, qu’il quittait l’Afrique du Nord pour les tranchées de ce dernier coin de Belgique libre.

Dans un premier temps, il rejoignit son Régiment de Zouaves, un peu plus au sud, au niveau d’Ypres. Puis le régiment déménagea et se retrouva donc sur la côte de la mer du Nord.

Depuis octobre 1914, un vaste secteur entre Nieuport et Dixmude était inondé des eaux de l’Yser relâchées par les franco-belges pour éviter une percée allemande. Coup réussi au delà de toutes les espérances: cette zone devint totalement infranchissable, ni dans un sens, ni dans l’autre, jusqu’à la libération du territoire belge., fin 1918.

Mais il fallait tenir la bande côtière soumise à la pression demande. Ainsi les stations balnéaires du secteur, Nieuport, Lombardsigde, devinrent des lieux de mort, de tranchées bien souvent sur-élevées car tout trou creusé dans le coin se remplissait d’eau.

La lecture du journal de marche du 4ème Zouaves ne laisse pas apparaître le nom de Paul Broquin dans la liste des disparus. Il y a eu, c’est évident des tâtonnements de l’Administration militaire pour fixer la date exacte de décès de Paul. Dans sa fiche de Mémoire des Hommes, on peut lire qu’elle survint le 9 juin 1915 après qu’il ait été écrit dans un premier temps 5 juin.

Par contre, sur la fiche matricule complète, il est donné une autre version:

Décédé antérieurement au 5 juin 1915 à Nieuport.

Le 4 juin il y eut des bombardements.

Le 5 juin, des coups de canon échangés par les 2 camps sans perte.

Le 9 juin, un violent bombardement allemand et un Zouave tué.

Mais dans le récapitulatif nominal des morts et blessés, ce Zouave tué le 9 ne porte pas le nom de Paul Broquin.
Alors ???… Peut-être le jeune mitron caderousier a-t-il été porté disparu un temps, antérieurement à la date du 5 juin 1915 puis par la suite, son corps a été retrouvé et sa date de décès estimée avant le 4 juin 1915.

Toujours est-il qu’après juin 1915, Paul n’eut plus le loisir d’écouter le vent du sud chanter le plat pays des Flandres… ni le chant des cigales des bords du Rhône.

La fiche de Paul Marius Jean Antoine Broquin de Mémoire des Hommes.

Paul Marius Jean Antoine Broquin  matricule 719 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que ce patronyme ne soit guère présent dans le sud-est de la France, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents. 

A suivre: les Bruguier.

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107 POILUS de Caderousse, 107 DESTINS… BRICHET Norbert.

107 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 107 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Dix-neuvième nom de la liste: Brichet Norbert Paul  Alexis.

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Première face du Monument.

Est-ce la narration des campagnes que son père Denis Alexis Brichet fit au Tonkin lors de sa période militaire, entre 1889 et 1891 qui amena Norbert Brichet à devancer l’appel et à s’engager dès l’âge de 18 ans ?

Est-ce le fait qu’il ait reçu la Légion d’Honneur après son décès sur le front, dans l’est de la France, à la tête d’une Compagnie, qu’il ne soit pas oublié quand on établit la liste des Poilus de Caderousse morts pendant la Grande Guerre en 1937 ? Car il y a bien longtemps qu’il n’habitait plus à Caderousse au moment de son décès. Il y habita d’ailleurs très peu longtemps, on va le voir.

Toujours est-il qu’il ne fut pas oublié, à la différence de 16 autres jeunes hommes qui quittèrent le village avant la déclaration de guerre.

Son père Denis Brichet, « le Tonkinois », venait de Sainte-Cécile (pas encore les-Vignes) où il était né en 1866. Le hasard lui avait fait rencontrer Marie-Louise Marron, née en 1867, à Saint-Julien-de-Peyrolas,  non loin du confluent de l’Ardèche et du Rhône. Elle avait suivi ses parents quand ils s’étaient installés à Caderousse pour travailler la terre. Il est dit que Denis était musicien. Ce fut peut-être ce détail qui lui fit rencontrer Marie-Louise, lors d’une vogue. Toujours est-il que c’est à Caderousse que Denis et Marie-Louise se marièrent le 14 octobre 1893 et que le petit Norbert arriva 10 mois plus tard, le 11 août 1894. Entre temps, le père était devenu facteur des Postes au village pour les étrennes de 1894.

On retrouve la famille sur le recensement de 1896. Une petite Yvonne est arrivée deux mois avant le recensement.

La famille habite intra-muros, dans la grand rue, au quartier des Jardins.

C’est là que la trace de la famille disparaît, suivant très certainement les mutations professionnelles du père facteur. On la retrouve en Avignon, en 1912, à Saint-Ruf, impasse Sépinière. La mère n’est plus là,  décédée. Norbert, brillant étudiant, contracte alors un engagement de 4 ans dans l’armée le 1er octobre 1912, malgré les bruits de bottes qui augmentent d’intensité à chaque crise entre les puissances européennes. Il ne va par partir très loin apprendre le métier des armes puisqu’il est militaire au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon. Caporal en 1913, il devient sergent à la déclaration de guerre puis sergent major à la fin d’août 14.

Les effectifs des officiers fondant comme neige au soleil d’une guerre partie pour durer, il se retrouve nommé temporairement pour la durée de la le guerre sous-lieutenant au 163ème Régiment d’Infanterie, le 11 mai 1915. Sous-lieutenant n’est pas un grade qui vous met à l’abri des dangers de la guerre, tout au contraire ! Ce sont eux qui sont amenés à montrer l’exemple quand il s’agit de partir à l’assaut des lignes adverses, les fictions nous ayant de nombreuses fois montré ces scènes.

Le voici à la tête de la 14ème Compagnie du 4ème Bataillon fin juin 1915…

puis présent début août 1915:

Ce ne sera plus le cas en septembre ! Malgré que ce secteur à l’est de Verdun soit relativement calme après de durs affrontements en mars 1915, ce qui devait arriver arriva… Norbert Brichet fut grièvement blessé le 15 août 1915, dans le secteur de Flirey…,

entre Saint-Mihiel et Pont-à-Mousson. Le Journal de Marche de l’unité rempli par son chef en atteste:

La blessure est suffisamment grave pour qu’il n’en survive pas. Il décède à l’hôpital Militaire Gama de Toul, aujourd’hui remplacé par un lotissement,…

… le 7 septembre 1915 suivant son registre matricule. Date contestée par le livre d’or du 163ème R.I. qui le fait mourir une semaine auparavant le 31 août 1915.

Norbert Brichet venait tout juste de fêter ses 21 ans. Chevalier de la Légion d’Honneur, le 13 novembre 1915, contre une vie de 21 ans !

La fiche de Norbert Paul Alexis Brichet de Mémoire des Hommes.

Norbert Paul Alexis Brichet , matricule 865 classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Ce patronyme Brichet apparaît dans la région proche de Sainte-Cécile-les-Vignes, ce qui n’est pas illogique; si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents. La fiche de son père Denis Brichet est également lisible aux Archives du Vaucluse:  matricule 163 classe 1886, bureau de recrutement d’Avignon.

Une tombe au cimetière de Caderousse quasi effacée garde le souvenir et surtout la photo d’un jeune homme appartenant au 163ème, écrit sur le col de sa vareuse, ainsi qu’une trace de 7 SEPTEMBRE 1915.

Est-ce Norbert Brichet? La suite de nos recherches l’infirmera ou le confirmera. Très gros doute tout de même !

A suivre: Paul Broquin.

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107 POILUS de CADEROUSSE, 107 DESTINS… BRÉMOND Isidore.

107 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre… et 16 oubliés: 122 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Dix-septième nom de la liste: Brémond Isidore Marius Sylvestre.

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Première face du Monument.

Isidore Brémond, c’est pour moi ce fier Cuirassier posant pour la postérité en tenue d’apparat sur cette magnifique photo de la tombe familiale, à côté de la chapelle, au cimetière de Caderousse.

Pour la postérité puisque si Isidore n’était pas mort à la guerre, la photo dormirait au fond d’un placard ou d’une boîte à chaussures et aurait fini sur un vide-grenier comme tant d’autres ou… plus tristement dans une déchetterie ou une cheminée et la mémoire de son inspirateur avec. La revanche d’une mort précoce sur les vivants.

Elle a été prise entre le 1er octobre 1910 et le 24 septembre 1911, dates prenant lesquelles Isidore Brémond fit ses classes, au 10ème Régiment de Cuirassiers à Lyon. Une photo de studio que l’on doit à un photographe lyonnais ou orangeois… peut-être Lang de Montélimar qui avait une succursale en Vaucluse ? Jamais exposée au soleil puisque la tombe est orientée vers le nord, elle ne fait ces 100 ans !

Isidore avait alors un peu plus de 20 ans. Né le 31 décembre 1888 à Caderousse (d’où son troisième prénom Sylvestre !), il était le fils de Gabriel Marius Brémond et de Marie Claire Roche, nés tout deux à Caderousse en 1857. Un fermier à Gabin puis à l’île du Colombier, certainement plus aisé que la moyenne des paysans du coin, comme vont nous le prouver les extraits des recensements suivants.

Le recensement de 1891.

Le premier enfant des jeunes mariés Gabriel et Marie-Claire sera Gabriel François, venu au monde en 1881, 16 mois après les noces, le 21 janvier 1880. Malheureusement le bébé ne vivra que 7 mois. Avant la naissance d’Isidore, le seul garçon de la fratrie, 2 filles le précèderont Clarisse née en 1882 prénommée comme sa mère sur quelques pièces officielles et Marie-Jeanne née en 1885. Suivront Isidore puis Gabrielle en 1901, encore une fille !

On voit que le père emploie 2 domestiques dans la ferme de l’île,  les jeunes Paul Revire et Auguste Durand, loin d’être majeurs.

En 1906, Isidore apparaît bien sur le recensement avec ses soeurs. L’aînée doit avoir quitté le foyer, certainement mariée. Par contre le nombre de domestiques a enflé pour seconder le père dans la gestion du domaine de l’île du Colombier. Pas moins de 4: Jean Pécoul âgé de 45 ans, François Coste, un gardois de Bagnols-sur-Cèze âgé de 26 ans et 2 jeunes frères, Joseph et Louis Mondan respectivement âgés de 18 et 14 ans. Ce devait donner une belle tablée, le soir venu, après une journée aux champs !

On reparlera de Joseph et Louis Mondan quand on évoquera la mémoire du Poilu André Paul Mondan, leur frère, lui aussi Mort pour la France.  L’un et l’autre feront la Grande Guerre.

En 1911, Isidore n’est pas recensée à Caderousse. Pour cause, il était sous les drapeaux du côté de Lyon. Trois domestiques travaillent pour le père: Jean Revire, un berger venu de Mornas, Louis Mondan dont on a déjà parlé et Gabriel Gromelle âgé de 18 ans.

Parti de l’armée fin 1911, Isidore sera donc rappelé comme bon nombre de jeunes et moins jeunes, en août 1914. Mais pas chez les Cuirassiers à Lyon mais chez les artilleurs à Orange.

On le retrouve donc second canonnier conducteur au 55 ème Régiment d’Artillerie, conducteur puisqu’il a une certaine connaissance des chevaux. Ce régiment combat sur la Marne puis sur le front de Verdun, à l’automne 1914. Les batteries soutiennent l’infanterie dans le secteur d’Avocourt, non loin de la butte de Vauquois. C’est dans ce secteur que décédera Ernest Aubépart en mars 1915.

Pour Isidore, ce sera un peu plus au sud, à l’hôpital de Neufchâteau, le 29 novembre 1914. Il y avait été évacué, atteint d’une maladie grave imputable au service, sans qu’on en sache plus. On n’est pas encore à l’époque de la grippe espagnole mais des infections pulmonaires, la tuberculose commençaient à faire des ravages, aggravées par la promiscuité et l’hygiène très relative des hommes.

Isidore Marius Sylvestre Bromont avait 26 ans et encore toute la vie devant lui.

Fiche Matricule de Mémoire des Hommes.

Isidore Marius Sylvestre Brémond, matricule 341 classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Même si le patronyme Brémond n’apparaît plus à Caderousse, la présence d’une tombe entretenue dans le cimetière de Caderousse et celle de ce patronyme dans le Vaucluse laissent à penser qu’un descendant, petit neveu ou petite nièce pourrait nous parler de son ancêtre. Si cela est le cas, qu’il (ou elle) ne se gène pas pour réagir, surtout s’il (u elle) possède quelques photos ou documents.

La plaque complète sur ce caveau au cimetière de Caderousse.

A suivre: Joseph Bresset.

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107 POILUS de CADEROUSSE, 107 DESTINS… BOUSCHET Rémi

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre… et 16 oubliés: 122 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Seizième nom de la liste: Bouschet Rémi Augustin.

Première face du Monument de Caderousse.

Rémi Bouschet est né dans la campagne de Caderousse, aux Cairannes de Saint-Michel et Saint-Martin le 25 février 1892. Son père François Ferdinand Bouschet est cultivateur et âgé de 30 ans à sa naissance. Sa mère Elisabeth Baptistine Guigue née à Saint-Victor-la-Coste dans le Gard  est seulement âgée de 25 ans en 1892. Plus tard, on sait que Rémi a choisi la profession de garçon… boucher même s’il n’a guère dû longtemps exercer son métier.

Les inscriptions de la famille Bouschet aux recensements successifs de 1901, 1906 et 1911 sont truffées d’erreurs.

Tout d’abord, en 1901,…

…Rémy, l’aîné de la famille est devenu René et la petite dernière Marie est âgée de 9 ans (soit 3 ans de plus que son cadet Marius).

En 1906, ci-dessus, l’agent recenseur a tout simplement inversé les prénoms des enfants, Marius se retrouvant l’aîné de la fratrie en lieu et place de Rémy, devenu le cadet !

En 1911, enfin, nouvelle inversion de cet agent recenseur décidément distrait (s’il s’agit du même qu’en 1906): les dates de naissance de Baptistine la mère et celle de l’aîné de ses enfants redevenu Rémy ont  été inversées ainsi que le lieu de naissance de la mère passé au fils.
Sans oublier qu’à aucun moment des 3 recensements, Bouschet n’a été écrit avec le S officiel !
Malgré cela, on a compris que le couple Ferdinand Bouschet- Guigue Baptistine a eu 3 enfants dont 2 garçons qui feront partie des classes appelées à faire la Grande Guerre. Ils connaîtront tout deux des sorts dramatiques, on va en parler.

Rémy, tout d’abord, sera incorporé le 6 octobre 1913 et expédié immédiatement au 173ème Régiment d’Infanterie à Ajaccio qu’il rejoindra le 8 octobre. On imagine sans peine que ce sera là le meilleur moment de la période militaire de ce Poilu caderoussier.

Le jour de la déclaration de guerre, il était donc à l’armée depuis 10 mois. Le 6 août, son régiment est à Marseille. Le 14 août à Jarville et le 16 à Lagarde, non loin de là où était mort Augustin Aubert le 11 août.  Le 20 août, c’est la bataille de Dieuze au nord-st de Nancy pour le baptême du feu du 173ème R.I.

Dans le document de Mémoire des Hommes intitulé Etapes et combats du 173ème Régiment d’Infanterie du 02 août 1914 au 30 avril 1919, on peut lire que le régiment ajaccien viendra remplacer le 18 octobre 1915, le 118ème R.I.T. décimé par un nuage de gaz toxique devant le fort de la Pompelle près de Reims.

Deux Caderoussiers disparaîtront lors de cette attaque au gaz moutarde, Emile Sauvage et Adrien Guérin, mon arrière-grand-père, tous deux décédés le 21 octobre 1915. On l’a déjà évoqué et on en reparlera dans quelque temps.

Par la suite, ce régiment tiendra le secteur des Hurlus du 02 décembre 1915 au 01er mai 1916, non loin de la main de Massiges où disparut Louis Berbiguier.

Ce secteur de la Marne, à la limite des Ardennes, fut soumis à des bombardements violents et incessants pendant presque toute la durée de la guerre, du moins de 1915 à 1917. A tel point que de pas moins de 5 villages de cette région ont tout simplement été rayés de la carte de France: Hurlus, le Mesnil-les-Hurlus, Perthes-les-Hurlus, Ripont et Tahure, tous décrétés villages Morts pour la France et jamais reconstruits après la fin des hostilités.

Un secteur qui n’a plus été cultivé après guerre et est resté une immense friche militaire comme on le voit depuis cette vue aérienne actuelle;…

…ce grand hexagone vert foncé correspondant à une forêt dangereuse car truffée de munitions non explosées.  C’est là que s’est installé le camp militaire de Suippes réservé de nos jours aux unités d’artillerie qui continuent à remplir les sols de déchets métalliques.

Les combats d’artillerie sont si fréquents que le jour du décès de Rémi Bouschet, le 25 janvier 1916, l’auteur du Journal de Marche de l’unité raconte qu’il ne s’est rien passé de notable…

aucune activité particulière mais en reconnaissant tout de même plus bas qu’une grande activité des deux artilleries et des luttes à coup de grenades dans les postes avancés ont tout de même eu lieu. Des Broutilles ! A tel point que Rémi Bouschet et certainement quelques autres infortunés Poilus furent atteints très grièvement par ces tirs. Lequel Rémi, décéda des suites de ses blessures à l’ambulance 3/15 de Somme-Bionne à l’arrière du front, à deux pas du célèbre moulin de Valmy !

Rémi Augustin Bouschet repose à la Métropole Nationale de « Pont-de-Marson » de Minaucourt-le-Mesnil-les-Hurlus, dans la tombe individuelle 5420.

Rémi Augustin Bouschet, matricule 715, classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule complète sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que le patronyme Bouschet, sous cette écriture, ne soit guère présent dans la région,  si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

Post-scriptum.

Quelques mots pour terminer sur le second fils du couple Ferdinand Bouschet- Guigue Baptistine et petit frère de Rémi. Né en 1894, Bénoni Marius Bouschet rejoignit le 7ème Bataillon de Chasseurs à Pied le 05 février 1915. Il fut une première fois blessé gravement le 06 octobre 1915 dans les Vosges, d’une balle dans la tête. Pas de réforme après une convalescence et retour au front le 26 septembre 1916. Seconde blessure, plus grave , le 11 août 1918 qui lui laissera une infirmité certaine en bas de la jambe droite et à l’avant-bras gauche avec la perte d’un doigt de cette main. Cela lui « permettra » d’obtenir un emploi protégé comme garde-barrière au PLM après-guerre successivement à Piolenc, Mornas puis Montségur-sur-Lauzon dans la Drôme. Cette guerre fut terriblement dure pour les 2 frères Bouschet et les leurs !

A suivre Isidore Brémond

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107 POILUS de CADEROUSSE, 107 DESTINS… BOUCHET Augustin

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre… et 16 oubliés: 122 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quinzième nom de la liste: Bouchet Augustin Joseph.

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Première face du Monument

Commençons par la fin de l’histoire. Pour ceux qui ont parcouru les 14 premières biographies, il vous semblera avoir déjà lu la même chose, avoir déjà vu cette carte.

carte-front-francais-vers-1915

Il s’agit de la carte du front où est indiquée la commune de Barleux, dans la Somme. C’est pour conquérir ce coin de campagne picarde que Julien Aubert laissa sa vie le 04 septembre 1916 en même temps que plusieurs centaines de fantassins du 97ème Régiment d’Infanterie de Chambéry.

Mais moins de deux mois auparavant, la mort faucha un autre jeune de Caderousse, Augustin Bouchet, dans une même attaque contre les mêmes positions allemandes de Barleux avec les mêmes conséquences humaines mais sans remise en cause de la stratégie mise en place. Il s’agissait là du 34ème Régiment d’Infanterie Coloniale, une troupe africaine dans laquelle on reversait aussi de jeunes métropolitains pour combler les pertes occasionnées par les combats. C’est devant Barleux qu’Augustin Bouchet disparut le 20 juillet 1916. Il était âgé de 33 ans.

Dans l’Histoire du 34ème R.I.C. publié après-guerre, voici quelques lignes racontant l’assaut sur Barleux du 20 juillet 1916. C’est édifiant !

Le 20 juillet, à 7 heures, le Régiment attaque devant son front: objectif groupe Centre, l’ouvrage de Barleux.

La première vague sort dans un ordre parfait et à la faveur d’un léger brouillard parcourt rapidement le glacis large de 400 mètres en moyenne, séparant nos parallèles de départ des lignes allemandes, malgré le barrage qui prend une intensité inouïe puis l’ennemi déclenche un violent tir de mousqueterie et de …

…mitrailleuses quand notre vague arrive à 50 mètres de ses positions. A gauche, un peloton prend pied dans la tranchée ennemie et engage le combat à la grenade, de même au centre où la vague arrive à son objectif, malgré des pertes très dures, à droite, c’est à moitié décimée que la vague arrive à son but.

A 7h15, la plupart des éléments de la première vague sont dans la tranchée ennemie; la deuxième vague suit, mais ne peut arriver à la première ligne qu’elle renforce qu’en certains points…

des groupements de gauche et du centre. La progression est arrêtée partout, sauf au centre où nos unités tentent jusqu’à 10 heures de se rapprocher du village de Barleux et font 30 prisonniers.

A la gauche le groupe Nicol décimé, doit sous la masse de conte-attaques, revenir à 9H30 , occuper la parallèle de départ.

A la droite le groupe Hugon compte encore une centaine d’hommes et s’accroche au terrain.

Une nouvelle attaque est ordonnée pour 11 heures; seul le groupe de gauche reçoit l’ordre à temps et fait sortir un peloton décimé.
L’attaque est reprise à 13 heures; un bataillon du 44ème Colonial est mis à la disposition du Colonel Commandant le 34ème mais ce bataillon arrive trop tard pour participer à l’attaque.

A gauche les éléments restant de deux compagnies occupent la première ligne allemande qu’elles avaient dû évacuer à 9h30; mais elles ne peuvent s’y maintenir et une contre-attaque les force à rejoindre nos lignes.
Au centre, toute progression est impossible; et les unités sont trop faibles pour tenir la position, elles se replient sur la parallèle de départ: même situation où les compagnies…

… du 43ème n’arrivent qu’à 13h30 pour occuper la position et remplacer les éléments du bataillon Hugon qui ont dû aussi se reporter à la parallèle de départ. A 18 heures, le régiment occupe donc ses position du matin avec l’appui de deux bataillons du 44ème Colonial. Le colonel Veron, commandant le 44ème Colonial prend à 20 heures le Commandement du secteur.

La seule journée du 20 juillet coûte au 34ème Colonial et au 20ème bataillon Sénégalais : 14 officiers et 1 027 hommes tués, blessés ou disparus.

Tout ça pour ça serait-on tenté de dire s’il ne s’agissait pas des vies de plus d’un millier d’hommes parmi lesquels se trouvait Bouchet Augustin. Toujours la même histoire: après une préparation d’artillerie plus ou moins efficace, les hommes chargeaient, se faisaient hacher par la riposte ennemie, arrivaient quelquefois à prendre pied dans la tranchée adverse mais devaient la quitter devant la force des contrattaques et les survivants rentraient tant bien que mal à leur point de départ !

Augustin Bouchet était cultivateur et fils de cultivateur. Il était né le 02 juin 1883 à Caderousse d’un père Ferdinand Auguste Bouchet, d’Orange, né en 1859 et d’une mère caderoussienne, Marie-Françoise Marcellin née en 1861. Lors du recensement de 1906, la famille occupe une grange au quartier des Négades sur le territoire de Caderousse.

Trois filles sont nées après Augustin: Valentine, Joséphine et Baptistine. Mais pas d’Augustin à la ferme ! Normal . A cette date, il effectue sa période militaire depuis le 16 novembre 1904 en Avignon, au 58ème Régiment d’Infanterie comme nombre de Vauclusiens. La France n’a pas encore connu l’épisode de la Grande Révolte des vignerons du Midi et l’Armée, celui de la fraternisation du 17ème de Ligne de Béziers avec les manifestants et la mutinerie de cette unité composée de gars du coin. Après 1907, on envoya les conscrits plutôt loin de chez eux !

Augustin Bouchet, contrairement à nombre de ses amis caderoussiers effectua bien 3 ans sous les drapeaux, libéré qu’il fut le 27 juillet 1907. Il rentra alors chez ses parents qui, entre temps, avait franchi la ligne de démarcation entre Caderousse et Orange. Ainsi, au recensement de 1911, on retrouve (presque) toute la famille au  quartier Passadoire d’Orange.

Valentine a quitté le foyer, surement pour se marier. Quant à Joséphine, elle est devenue Julienne… en fait officiellement son premier prénom pour l’Etat-Civil !

Incorporé lors de la déclaration de guerre le 4 août 1914, Augustin rejoignit son unité en Avignon où il connut certainement le baptême du feu du côté de Lagarde, village lorrain qui fut fatal à un autre Augustin Aubert, on l’a évoqué précédemment.

Augustin rejoignit la Coloniale le 15 décembre 1914, le 4ème R.I.C. dans un premier temps puis le 34ème R.I.C. par la suite pour combler des pertes.

La fiche matricule de « Mémoire des Hommes ».

Augustin Joseph Bouchet, matricule 174 classe 1903, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Bouchet étant toujours vivant en pays de Vaucluse, si un descendant indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

A suivre: Rémi Bouschet.

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