Archives mensuelles : avril 2014

TINTIN et L’ALPH-ART… et les PIRATES

Hergé est mort en 1983 laissant derrière lui 23 albums des Aventures de Tintin et Milou, de Tintin au Pays des Soviets en  1930 à Tintin et les Picaros en 1976. Au moment de sa disparition, Hergé travaillait sur une 24ème aventure de Tintin: Tintin et l’Alph-Art, une histoire se déroulant dans le milieu des trafiquants d’oeuvres d’art.

Sa veuve dirigeant les Studios Hergé, décida de publier en 1986 le travail tel que l’avait laissé le dessinateur (qui disait qu’il ne savait pas où l’histoire allait le conduire) à travers une pochette…

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…contenant un cahier des dialogues (Transcription des Dialogues) et un bloc des pages en cours d’élaboration (Découpage Graphique). Hergé avait avancé son travail jusqu’à la page 42:

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Voici la reproduction du chantier de la première page de Tintin et l’Alph-Art, rectifiée ensuite (beaucoup plus finie):

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Plus tard en 2004 ce scénario inachevé a été publié à nouveau dans un format plus convention des albums de Tintin:

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Les ayant-droits de Hergé (en accord avec ce que celui-ci avait dicté de son vivant) ne souhaitant pas que d’autres albums de Tintin paraissent avec d’autres auteurs (inversement aux Aventures de Blake et Mortimer qui continuent après la disparition d’Edgar P. Jacob ou plus récemment avec la parution d’un nouvel Astérix-Astérix chez les Pictes- signé Jean-Yves ferri et Didier Conrad et non plus Uderzo), l’histoire de l’Alph-Art est restée à l’état de projet…

… sauf pour des auteurs qui ont sorti sous le manteau des versions non-autorisées, appelées éditions pirates. Il a d’ailleurs toujours existé des histoires pirates de Tintin. Voici deux albums finissant l’oeuvre inachevée d’Hergé avec la première de couverture, la quatrième de couverture, la première page et la dernière page de l’histoire:

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Il s’agit d’une version signé par le dessinateur canadien (québécois) Yves Rodier qui met comme sous-titre « Hommage à Hergé ». D’ailleurs le titre est seulement « L’Alph-Art » et non « Tintin et l’Alph-Art ».  Cette oeuvre sera attaquée par la Fondation Hergé mais la justice canadienne ne suivra pas et elle est considérée comme un pastiche et non un pirate, disponible gratuitement sur le net pour éviter les polémiques.

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Ici il s’agit d’une version totalement pirate non signée par l’auteur et parue en 1988 à Genève. Dans sa présentation on pourrait même croire qu’il s’agit d’un vrai album de Tintin. Peut-être est-ce la version de Regric?

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Août 1944: Une jeune fille raconte la Libération de VALENCE (Drôme)

Il s’agit d’une lettre de 16 pages dans laquelle une jeune fille de 16-18 ans raconte les difficiles moments ayant précédé la Libération de la moyenne Vallée du Rhône à partir du 15 août 1944. En effet, les Allemands refluaient du Midi de la France depuis ce 15 août, date du débarquement de Provence. A des unités presque débandées s’ajoutait une PanzerDivision composée de combattants aguerris et dotée de matériel important. Les Américains décidèrent d’essayer de couper la route à ces troupes dans la région de Montélimar, où la vallée du Rhône est la plus étroite entre colline et fleuve,  en remontant rapidement par la route Napoléon puis en obliquant vers l’Ouest par la vallée de la Drôme. Les combats de la bataille de Montélimar (the Battle of Montelimar) furent violents et meurtriés mais la PanzerDivision réussit à passer. Plus au nord, Valence reçut quelques éclaboussures à partir du 15 août, meurtrières-surtout pour la population civile. C’est ce que raconte cette jeune fille. Je reproduis les 16 pages de sa lettre car tout y est intéressant.

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Valence le 9/9/44

My Dear friend

J’ai attendu pour t’écrire d’être rentrée dans ma chère ville de Valence libérée depuis le 31 août à 5h. du matin. Quand nous avons appris la Libération de Valence faite presque sans combat nous ne pouvions croire à un tel bonheur. Les maquisards nous avaient dit quelques jours auparavant que la prise de Valence serait dure car il y avait deux Etats Majors boches qui ne voulaient absolument pas se rendre et avaient ordonné à leurs troupes une résistance acharnée. Heureusement il n’en a rien été de tout cela ce qui a sauvé la ville. Ce sont les durs combats qui se sont déroulés dans le sud de la Drôme. Les Boches ont tenté un effort désespéré et se sont fait massacrer par milliers. Les Américains eux-mêmes ont subi  de très lourdes pertes , il paraît que même en Italie, ils n’avaient pas livré de si durs combats. Ils ont filmé la bataille de Marsanne pour l’envoyer en Amérique. Entre Montélimar et Livron, la route était jonchée de cadavres. Dans un champ près de Livron, les cadavres boches étaient empilés sur un mètre de haut. A un endroit, il y avait 78 pièces qui tiraient à la fois. Tu te représentes l’enfer que ça devait être. Les boches se voyant perdus se sont mis à fuir et les Valentinois avec la joie que tu devines, ont vu défiler pendant des jours et des nuits l’armée en déroute. Les Américains pour épargner la ville ne leur ont pas tiré dessus, se réservant de les battre plus loin. C’est ainsi que la ville a été épargnée. Quand l’armée allemande  a eu fini de défiler, les Américains accompagnés de FFI ont pénétré dans la ville et ont fait prisonnier les quelques boches qui s’y trouvaient encore . Pour cela, il a suffi de donner quelques coups de canons et tout est rentré dans l’ordre.
Lundi, il y a eu une grande fête à Valence. 4 000 FFI sous les ordres du lieutenant colonel Legrand ont défilé au Champ de Mars sous les acclamations de la foule. Il y avait quelques jeunes filles parmi les FFI entre autre J. Delpeuch qui a eu un de ses frères fusillé et sa mère arrêtée pendant un certain temps. On a fait aussi défiler devant les Valentinois certaines personnes un peu trop bien avec messieurs les boches, la tête rasée ces dames avaient paraît-il fière allure. Je regrette bien de n’avoir pas pu assister à la cérémonie. Je suis malheureusement rentrée de la campagne que depuis hier matin. Depuis le 15 août, ça m’a fait trois semaines de vacances mais je m’en serais bien passé. j’espère bien ne plus en avoir de pareilles. D’autre part nous nous sommes fait un mauvais sang fou au sujet de Valence. Nous voyions la ville rasée et mon père et mes grands-parents tués et d’autre part, nous étions nous-mêmes loin d’être en sécurité. Ce que nous savions c’est que nous n’étions pas prisonniers comme à Valence, nous avions la possibilité de fuir les combats. D’ailleurs, je crois que si j’étais restée à Valence après la frayeur que j’ai eu le 15 août, je serais devenue folle. Je n’aurais pas pu supporter d’entendre sonner la sirène. Valence a été bombardée le 18 août pour couper le pont qui avait été manqué le jour du 15 août. Ce sont les dernières arches près de Granges qui ont été démolies mais il est tombé des bombes sur les deux rives. Le moulin qui se trouvait sur le quai du Rhône a été complètement détruit et il est tombé beaucoup de bombes au parc. La partie située près du Rhône est méconnaissable, il y avait des entonnoirs où des maisons entières auraient pu être englouties car c’étaient des bombes de 3 000kg. La preuve Eliette Epic a été tuée aux Granges.  Les Bourne ont passé près car il y a eu deux maisons de démoli tout près de chez eux.

On m’a appris aussi la mort de G. Veillet et de son père survenue lors du bombardement de mon quartier le 15 août. Le père de M. Lévy a été tué aussi. Il peut y avoir aussi d’autres personnes que nous connaissons car je n’ai malheureusement pas pu voir la liste des victimes. Le bombardement le plus meurtrier, celui du 15 août, a fait plus de 500 morts et on a retiré 500 corps des décombres. Mais il y a beaucoup de gens que l’on n’a pas retrouvé. Quand je t’ai écrit, je n’avais pas encore beaucoup de précision sur les dégâts car j’ai quitté Valence le plus rapidement possible (l’alerte n’était pas encore terminée) mais ce qu’on m’avait dit n’était malheureusement pas exagéré. Entre Autun (merci M.Manifacier pour les précisions à lire dans les commentaires- NDLR) et la Mairie, des rues entières sont démolies, la préfecture a brûlé entièrement, une grande partie de l’hôpital a été détruite, la salle des fêtes n’a pas été touchée mais c’est comme pour la mairie, presque un miracle car les maisons voisines n’existent plus. De la fenêtre de notre petite salle à manger, nous avons une vue générale sur les ruines qui ne sont malheureusement pas aussi belles que celles de l’Acropole. Les 3 maisons du bureau de tabac, du marchand de TSF et du matelassier qui ne sont pas à plus de 6 mètres de chez nous, tu te souviens comme la rue est étroite, ne sont plus qu’un amas de décombres. La rue Farnerie est détruite, la pension où allait Mme Anney n’existe plus, les deux demoiselles qui la tenaient, leur bonne et 2 ou 3 pensionnaires ont été tués. Comme tu le vois, Valence qui avait été épargnée pendant longtemps a fini par payer un tribut à la guerre, un lourd tribut car je ne t’ai pas encore tout raconté. Le bouquet, ça était l’explosion du 29 août. Ces messieurs les boches se voyant perdu ont conçu le charitable projet  de détruire les Valentinois avant de les quitter sans doute pour les remercier de leur hospitalité. Pour cela, ils n’ont rien trouvé de mieux que de faire sauter leurs explosifs qui se trouvaient dans un train qui s’étendait depuis le pont de la Cécile jusqu’à la Palla, non loin de chez mes grands-parents. Il paraît que les explosifs auxquels ils ont mis le feu étaient de la nitro-glycérine, le plus fort explosif qui existe, pire que la dynamite. Aussi tu te rends compte de l’effet produit. Des quartiers entiers situés près de la voie ferré ont été détruits. On se perd au milieu des décombres. On ne peut plus reconnaître les rues. Par miracle, il n’y a eu qu’une quarantaine de morts et environ 200 blessés. On peut dire que c’est providentiel, étant donné l’étendue des dégâts.

Beaucoup de gens ont vu tomber leurs cloisons même leur toit et n’ont pas été blessé. J. Charrier m’a dit que sa maison était inhabitable, elle a passé à travers son plafond, tu te rends compte de la frayeur qu’elle a dû avoir. H. Nougier avait été blessée mais légèrement, je l’ai rencontrée hier dans la rue. Mes grands-parents ont passé près, ils ont eu leur toit abîmé, plusieurs portes et volets arrachés, il y a une cloison qui est tombée sur le lit de ma grand-mère. C’était à 1h. de l’après-midi que l’explosion a eu lieu et ma grand-mère a l’habitude de se reposer sur son lit après son déjeuner. Heureusement qu’elle ne s’y trouvait pas à ce moment-là. Quant à mon grand-père, il était dans son jardin où l’on a trouvé de gros morceaux re rail et de gros blocs de pierre provenant de la maison voisine, une vieille masure pas solide qui s’est effondrée à moitié et où les gens n’ont rien eu. Inutile de dire que les trois quarts de la ville sont sans carreaux car l’explosion a eu des répercussions très loin. Chez les demoiselles Chatelain, il est tombé un morceau de cloison et pourtant elles habitent loin du lieu de la catastrophe. A la mairie, les fenêtres se sont ouvertes? Si les vitres ne se sont pas cassées, c’est qu’elles l’étaient déjà. Depuis mercredi, on nous a posé des vitres à une fenêtre par pièce, les autres fenêtres ont été bouchées avec des planches. Pour le moment, on se contente de fermer les volets, nous n’y verrons pas très clair. Cet hiver, il faudra allumer l’électricité de bonne heure mais nous n’avons pas le droit de nous plaindre. Si nous étions tentés de le faire, il n’y aurait qu’à aller faire un petit tour à la Cécile ou même dans notre quartier… les habitants de ces immeubles changeraient bien leur sort pour le nôtre. Et encore ce ne sont pas ces gens que je plains vraiment, ce sont ceux qui ont perdu des membres de leur famille. Quand on est en vie, même que l’on soit dans le dénuement le plus complet, on n’a pas le droit de se plaindre. Qu’est-ce tout cela en comparaison de tous ces jeunes qui ont été fusillés, ces victimes des bombardements morts à la veille de la Libération. Quand on pense à toutes ces victimes, la joie actuelle en est un peu assombrie.

Il y a surement une dizaine de jours, les boches ont brûlé deux maisons à La Baume-Cornillane et fusillé 10 jeunes. Ils étaient venus installer une pièce et se sont battus avec les maquisards? Nous entendions la mitrailleuse. Ils se sont avancés près de notre hameau. Il n’y avait plus qu’un ravin qui nous en séparait. Quand nous avons vu ça, maman et moi sommes parties dans le bois. Tous les gens réfugiés comme nous, qui n’avaient pas de ferme à garder en ont fait de même. Personne ne tenait à rester avec ces messieurs. Heureusement les Américains approchaient. A ce moment-là aussi ces messieurs n’ont aps osé s’approcher plus loin et ont regagné Valence précipitamment. Il était temps pour eux car le lendemain, nous étions avec les Américains. Ce jour-là, nous avons eu encore une émotion: les Boches cantonnés au plateau des Beaumes tiraient sur les batteries américaines installées dans un bois près de chez nous. Nous entendions siffler les obus. Je dois t’avouer que je me suis crue perdue pour le reste. Je n’étais pas la seule. Les gens n’en menaient pas large. Heureusement, les Américains n’ont pas riposté et ces messieurs voyant qu’ils travaillaient en pure perte ont cessé le feu. Si on s’était vraiment battu à Valence, nous aurions été obligés de fuir dans les montagnes car nous aurions reçu les obus boches. Depis le 15 août jusqu’à la Libération, nous n’avons pas connu un moment de tranquillité. Les premiers jours de notre arrivée, le pays était infecté de DCA et comme il ne faisait que passer des bombardiers, elle tapait sans arrêt si bien qu’on n’osait pas sortir. Le dimanche après le 15 août, nous avons été terrifiés, nous sommes allées nous réfugier dans une cave car il a passé 66 bombardiers au-dessus de nos têtes et la DCA ne s’est pas arrêtée de taper pendant 20 minutes. Nous avions peur qu’elle finisse pas toucher quelque avion et qu’il nous déverse ses bombes dessus. Plusieurs personnes étaient montées sur une colline pour mieux voir, ils étaient persuadés qu’ils e craignaient rien car ils étaient à l’abri sous des arbres. Tu penses si ça protégeait contre les éclats de DCA et les avions n’allaient pas leur lâcher les bombes dessus. Il est certain qu’ils n’allaient pas le faire volontairement mais s’ils avaient été atteints, ils auraient bien été obligés de les déverser et sur un nombre pareil d’avions, il y avait des chances pour qu’au moins un avion soit atteint. Heureusement, cela ne s’est pas produit mais aurait bien pu se produire. Il arriverait moins d’accident si les gens étaient un peu plus prudents. Je ne sais pas si les événements en étaient la cause mais  ces derniers temps, les gens étaient devenus complètement inconscients. Ils étaient environnés de tant de dangers qu’ils ne faisaient plus attention. Je vais te raconter le bel exploit de mon père le jour du 15 août. Quand la sirène s’est mise à sonner, les avions étaient déjà là et la DCA s’est mise à taper. Mes parents m’ont dit « descends vite, nous te suivons ». Ma mère s’est vite dépêchée de fermer les volets et a recommandé à mon père de l’aider. Quand elle pénètre dans la salle à manger, est-ce qu’elle ne voit pas mon père qui avait ouvert toute grande la fenêtre et passait sa tête bien dehors pour contempler un avion qui volait très bas et à ce moment-là la DCA tapait. Maman lui dit « tu n’y es plus, tu vas te faire tirer ». A peine mon père avait-il fermé la fenêtre que l’avion qu’il contemplait lâche ses bombes sur la Préfecure. Mes parents ont été pris comme dans une tempête et se sont accrochés à la porte pour ne pas tomber, puis ils sont descendus sans perdre de temps à l’abri. C’était le moment car quelques instants après, les bombes tombaient dans notre rue et là, ils auraient été tués par le souffle. Il faut assister à un bombardement pour se rendre compte de l’imprudence que l’on commet en négligeant de descendre à l’abri sitôt que la sirène sonne. Enfin heureusement que tout cela a pris fin. Mon journal du front se termine. Je vais te raconter maintenant des histoires plus réjouissantes, c’est-à-dire mon entrevue avec les Américains.

Le jour de la Libération de Valence, deux Américains sont veus se promener dans notre hameau. Un de nos voisins leur a offert à goûter mais ils ont eu de la difficulté à se comprendre. Malheureusement je n’étais pas là car j’aurais pu leur parler sans me faire moquer de moi car les gens n’auraient pas compris si le leur avais dit des bêtises. Deux jours après, nous sommes allés voir à Montvendre une amie de maman et ses enfants ont amenés 3 Américains au moment où nous y étions. Je n’ai pas osé leur parler mais j’ai bien compris ce qu’on leur disait et ce qu’ils disaient. L’un était assureur, l’autre s’occupait des vedettes et vivait à San Francisco. Quant au 3ème, il bâtissait des maisons, traduis-le comme tu voudras. Quant à moi, je pense qu’il devait être architecte. Je dois t’avouer que tous les 3 étaient extrêmement sympathiques mais j’avais vraiment le béguin pour le bâtisseur de maisons. IL est impossible de trouver visage plus agréable. J’aurais voulu que tu vois son expression. Il était certainement protestant et même peut-être un descendant des Puritains. Maman elle-même a reconnu que quand on a un tel visage, on ne peut avoir qu’une belle âme. Tu dois te dire « cette pauvre Christiane est en train de divaguer, les émotions qu’elle a reçu lui ont atteint le cerveau », il n’en est rien rassure-toi, on se remet vite quand on voit l’allégresse qui règne dans Valence. On se frotte les yeux pour se demander si on ne rêve pas en voyant toutes les maisons pavoisées, les rues sont pleines de monde et de troupes. Sur les boulevards et dans l’avenue Victor Hugo, on n’ose plus traverser de peur de se faire écraser. La Croix d’Or est toute couverte de drapeaux et devant la porte, on voit 3 canons qui sont des trophées pris à l’ennemi. Les élèves du collège se promènent avec les Américains et baragouinent tant bien que mal. C’est dommage que tu ne sois pas avec moi car nous essayerions nous aussi de parler. Mlle Chatealin me dit que je devrais leur parler mais tu ne me vois pas les arrêtant. Lucie n’ose pas non plus. Aux Américains se mêlent des soldats français que l’on a des peines à distinguer des autres. Les hôtels autrefois garnis de verdure sont remplis maintenant d’une foule de personnages habillés de kaki dont la vue est un peu plus réconfortante. Les soldats sont entourés d’une nuée de gosses qui elu mendient des bonbons. Le collège est occupé par les troupes. Il paraît  qu’ils ont installé un grand fourneau au milieu du hall et quand on y pénètre, on sent une odeur appétissante. Certainement on ne rentrera pas de sitôt car même morsque les troupes seront parties, il aura besoin de sérieuses réparations. Les vitres sont toutes cassées et plusieurs cloisons risqueraient de tomber sur les professeurs et les élèves. Je recommence à travailler, on pense que le bac ne sera pas avant le mois de novembre. J’en ai bien besoin car il me semble que j’ai tout oublié. Inutile de te dire que depuis le 15 août, je n’avais pas ouvert un livre et même depuis le début août avec les alertes continuelles, je ne pouvais pas travailler.

J’ai oublié de te dire que les Américains s’étonnent beaucoup que les femmes ne votent pas en france. Chez eux, elles votent à partir de 18 ans et les hommes seulement à partir de 21 ans. J’espère bien qu’on va aussi instituer ce régime en France. Les femmes le méritent bien car il y en a qui ont vraiment aidé  à sauver la France en étant agent de liaison, ce serait que leur rendre justice.
Il est temps que je termine ma lettre si je ne veux pas te faire payer une taxe pour être trop lourde.
J’attends impatiemment une longue lettre. Bien des choses à ta soeur.
Affectionnately,

Christiane

Ouf! un peu long mais ça en vaut la lecture. Une vraiment très longue lettre qui m’a fait penser tout de suite, la première fois, aux textes du journal d’Anne Frank. Outre le fait que c’est bien raconté (la jeune fille aurait dû certainement passer le bac en juin 44, lequel bac avait été reporté), tout ce qu’elle dit est d’une grande valeur historique et comme dans le journal d’AF, on retrouve les premiers émois de jeune fille à la vue des Américains et des considérations féministes.

Tout y est: les bombardements US pour détruire les ponts sur le Rhône et freiner le repli allemand, bombardements qui comm e à Avignon, firent de nombreuses victimes civiles, la Libération de Valence sans combat et les parades qui suivirent, les femmes tondues, l’explosion d’un train de munitions, des escarmouches au pied du Vercors, des maquisards exécutés par les Allemands, les destructions de guerre et les victimes civiles.

Le nombre des morts a été un peu surévalué (280 morts et 200 blessés le 15 août; 16 morts et des centaines de blessés pour l’explosion du train de nitro). Quant aux maquisards fusillés dans le secteur de la Baume-Cornillane, je ne vois pas pour l’heure de quel événement il s’agit. La Croix d’Or est un hôtel devant lequel on posa des trophées de guerre, de canons pris à l’ennemi.

Arlette, la mère de la belle-soeur My., a lu cette lettre avec émotion et a retrouvé tout ce qu’elle avait vécu, jeune de fille de 13 ans en 1944 (un peu plus jeune que Christiane) habitante de Bourg-les-Valence, proche de l’actuelle préfecture donc très près de la zone bombardée. Elle a ajouté: « j’aurais pu écrire cette lettre! »

Une grande page d’Histoire valentinoise dans la grande Histoire.

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PREMIèRE GUERRE MONDIALE: Second album de photographies du même soldat dans les tranchées

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Album du même format (19×13,5cm) mais un peu plus épais (24 pages). Avec vous allez le voir des photos d’un grand intérêt.

Sur la seconde de couverture, Allemant (le village) dans l’Aisne, au nord-est de Soissons. Les maisons ne sont que ruines, les arbres des squelettes.

Front de l’Aisne (octobre 1917). Toujours à Allemant. Attaque du 20 octobre.
On voit deux soldats sous leurs masques à gaz, un minen allemand (certainement un minenwerfer=un mortier) qui doit avoir été pris aux Allemands, un canon d’un tank embourbé (les premiers chars ont connu ce problème) et des hommes qui se font prendre en photo sur les ruines du village.

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A côté de 3 vues des ruines d’Allemant et des arbres déchiquetés, photo d’un char français, pris par l’arrière. Et sur la page de droite, la corvée de soupe, un cagna à la tête de mort dessinée sur le linteau d’entrée, des obus de mortier allemands non explosés. La dernière vue montre un groupe de soldats autour d’un fourneau (sorti d’une maison) à Vauxaillon en novembre 1917 (à 4 ou 5km à vol d’oiseau d’Allemant). On sent sur les photos de ces 3 pages que les hommes ont été au coeur des combats.

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Suite de la campagne en novembre à Voyenne dans la Somme où un soldat est pris au milieu de l’entonnoir creusé par l’explosion d’un dépôt. Les hommes sont en cantonnement d’Alerte ce qui est un peu en arrière du front, prêt à monter en ligne en renfort. Puis sur deux pages, 9 photos de militaires à Davenescourt, 60km à l’ouest des vues précédentes. On apprend que les hommes appartiennent au 266ème RAC (Régiment d’Artillerie de Campagne).

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La dernière photo de la série est prise à Saint-Vaast-les-Mello (Oise) près de Creil, bien plus à l’arrière où les hommes sont maintenant au 203ème RACT. Un peu de temps est passé, nous sommes en février 1918 et 2 intéressantes photos montrent un avion anglais en panne (dernière photo ci-dessus et première ci-dessous). Photo également d’une automobile Ford puis retour au front près de Reims en mars 1918 à Ville-Dommange (Marne).

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Les deux pages qui suivent sont prises à Ville-Dommange à l’Etat-Major du 203ème RAC et surtout 4 vues de camions et d’automobiles et une vue d’une pièce de DCA  (ou AAA)-je présume qu’on s’est posé la question d’appeler la DCA l’Artillerie Anti-Avion puisque c’était le début de cette arme-. Nous sommes en avril 1918.

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Page suivante avec 4 photos prises à Prouilly toujours en avril 1918 dans le secteur de Reims.
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Toujours dans le même secteur au Bois de Beau-Marais (Aisne) où les vues montrent des soldats anglais d’une musique est-il dit en commentaire de la dernière photo (la plus claire). La seconde photo montre une sentinelle  Beaurieux (Aisne) en juin et dans le commentaire de la 3ème photo l’auteur indique que les Officiers britanniques prennent le thé.

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Deux vues de Prouilly en avril puis en mai 1918, deux intéressants photos, malheureusement claires:

Au Baizil (sud-ouest d’Epernay) un avion Caproni en panne (peu visible) et près de Treslon (ouest) une vue de « paysans se sauvant devant l’invasion boche- 2 ou 3 heures avant leur venue ». Il s’agit de l’offensive allemande de la seconde bataille de la Marne.

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Page suivante 2 photos en juin 1918 aux Mesneux (près Reims) motocyclette (très claire) et au Mesnil-sur-Oger.
En juillet à Mourmelon-le-Petit à droite, une « maison attenante à notre cuisine, et démolie pendant notre repas » (ça doit couper un peu l’appétit) et la tombe d’un ami.

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Toujours à Mourmelon, photo de droite, « 14 juillet, les boches font un feu d’artifice avec du 150 sur nos cantonnements ». Puis en-dessous en août 1918, au repos, à Courtisols (Marne) avec 3 belles photos d’une automobile Ford.

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Du 15 août au 15 décembre 1918, le propriétaire de l’album finira la guerre à l’école d’artillerie de Fontainebleau: vues des pièces d’artillerie:

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La suite de l’album début 1919 voit notre militaire se retrouver à Sathonay dans l’Ain (banlieue nord de Lyon) avec nombreuses vues de véhicules militaires (camions et automobiles).

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Les deux dernières pages de l’album sont  moins commentées, on y voit des tanks en action

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puis des vues de destructions de guerre avec cette note: « sucrerie du Pont Rouge après-guerre ». Il s’agit des destructions dues aux combats du Chemin des Dames à Margival (Aisne).

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En 3ème de couverture, un soldat en campagne , au téléphone.

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EMPIRE: GARDE IMPéRIALE: Tableau naïf

Un tableau naïf peint sur un rectangle de carton encadré.
Il représente un soldat Johan Guillau, du Régiment des Grenadiers à cheval  de la Garde Impériale, avec ces devises: « Honneur », « Fidélité », « Vive la Patrie ». Le tableau est daté de 1806. Toutes ses mentions sont écrites sur le tableau en haut à gauche et à droite, sur le « rideau » tricolore.

SAMSUNG CAMERA PICTURESEn 1906, la Garde Impériale comportait 2 entités:

La Vieille Garde composée d’un Régiment de Chasseurs à cheval (cavalerie légère) et d’un Régiment de Grenadiers à cheval (cavalerie lourde)

La Moyenne Garde composée d’un Régiment de Dragons et d’un Régiment de Chevaux-légers.

A noter qu’un régiment comprenait 5 escadrons de 160 cavaliers soit 800 sabres. 3200 hommes composaient la  Garde Impériale, unité prétorienne de l’Empereur.

Le tableau mesure 33cmx24cm.

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CARNET de VOYAGE en ESPAGNE en 1906

Il s’agit d’un gros cahier d’écolier narrant un voyage en Espagne d’un couple de français, certainement très aisés, participant à un voyage en groupe organisé. Un voyage du 4 au 28 avril 1906 dans une Espagne beaucoup plus pauvre que celle d’aujourd’hui.

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Le touriste du début du XXème siècle a décoré son cahier d’illustrations découpées dans des magazines et de lithographies assez intéressantes. Il a intitulé son cahier « Notes de voyage-Excursion en Espagne ». Le style de l’écriture est simple et correct mais la calligraphie est quelquefois difficile à suivre.

Les étapes du voyage: Saint-Sébastien, Burgos, Madrid, Cordoue, Séville, Malaga, Grenade, Tolède, Saragosse et Barcelone.

Quand j’ai trouvé ce document, j’ai tout de suite cherché si Henry Susane (c’est ainsi qu’il a signé son oeuvre) était allé voir une corrida, spectacle beaucoup plus sanglant à l’époque que de nos jours. Et Séville où il était pour le dimanche de Pâques était le lieu idéal pour s’initier à ce spectacle. Exactement, une corrida était prévue au programme des touristes. Voilà ce qu’il écrit:

« Il fallait se hâter pour arriver à la Plaza de Toros où les places nous étaient réservées. Les courses du dimanche de Pâques ont la réputation d’être les plus belles de l’année tant par la valeur des toreros que par l’affluence des gens de qualité et des étrangers. Nous arrivons pour apprendre que les courses n’auront pas lieu. Les toreros font grève comme de simples menuisiers (?). Il paraît que ces messieurs ne veulent pas se soumettre à une Ordonnance nouvelle qui oblige les picadors à se servir d’une lance à pointe courte qui, pénétrant moins dans les chairs du taureau, rend le travail plus dangereux et ménage davantage la bête qui reste plus vigoureuse en face de l’espada…. »

Une grève des matadors en 1906, c’est intéressant.

C’est donc un peu plus tard dans le circuit, à Saragosse, que les touristes vont découvrir ce spectacle. Henry est un peu déçu des tenues moins « indigènes » qu’il attendait. Autre surprise, la foule se promène sur la piste avant la corrida et ne regagne ses places qu’au moment où une trompette donne le signal.

« La porte du toril s’ouvre à mon grand étonnement alors qu’il reste bien dans l’arène une centaine de gamins et qu’on n’a pas aperçu le cortège des toreros qui précède toujours l’arrivée du taureau. Et comme nous retenions notre respiration et prenions une attitude  ferme, une vache ahurie fait son entrée et reste figée à dix mètres du toril. »

En effet, avant la corrida, deux courses récréatives avec une vache auront lieu pour les gamins.

L’auteur décrit ensuite le paseo et résume rapidement comment se déroule une corrida. Il va par contre longuement commenter le spectacle en faisant part de ses observations personnelles.

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Tout en reconnaissant le courage du picador qui risque d’être écrasé par le cheval ou encorné par le taureau, il s’apitoie sur le sort des chevaux qui, à l’époque, n’étaient pas caparaçonnés. « Tel qu’il est c’est un condamné à mort. Le coup de corne du taureau est inévitable et le voilà soulevé, embroché par son adversaire qui le secoue et le précipite à terre le ventre troué. Une cascade de sang rouge inonde la piste. Si le cheval ne se redresse pas de lui-même, on le redresse en le soulevant par la tête et par la queue; et contraint, labouré de coups d’éperons, il traverse le cirque en traînant ses entrailles dans lesquelles il empêtre ses sabots et trébuche lamentablement, jusqu’à ce qu’un second coup de corne l’étende définitivement, pantelant, agonisant et mort, comme vidé, aplati, écrasé… »

D’ailleurs dans le bilan de la journée, un peu plus loin, il dit: « quatre taureaux tués, neuf chevaux tués, trois éventrés et recousus, un picador légèrement éclopé… »

Pour les banderilleros, il reconnaît « leur audace, leur agilité et leur adresse » mais il « plaint le malheureux animal soumis à une torture barbare et lorsque les bourreaux l’abandonnent, il ruisselle de sang ».

De même pour l’espada, il « reconnaît aussi que le matador doit être doué de sang froid, de courage, d’habileté et de vigueur… il risque sa peau… et son geste est élégant » malgré « tout ce que ce spectacle a de violent et de barbare… »

Il est aussi « impressionné peu favorablement » par l’attitude du public et « son enthousiasme, son délire et sa colère contre les toreros et le taureau ». Il l’explique du fait que « l’Espagnol est doué d’une cruauté inconsciente qui serait la résultante des oppressions dont sa race a été victime… des horreurs de l’Inquisition… laissant indifférent devant la douleur et le sang répandu ». Il généralise enfin en affirmant que toutes les foules peuvent devenir féroces malgré « l’instruction, l’éducation et les doctrines humanitaires ». Il pense que si « les combats de taureaux étaient autorisés chez nous… vous verriez » (sous entendu la même attitude. Et un peu de politique pour finir « Quant aux horreurs de l’Inquisition, n’en parlons plus si nous ne voulons pas qu’on nous rappelle les journées de septembre 1792 et celle de mai 1871 ». Pour 1871 est-ce le massacre de 7 religieux  par les Communeux ou l’écrasement de la Commune par les Versaillais et les dizaines de milliers de fusillés au Père-Lachaise?

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Voici un tout petit extrait de ce carnet de voyage. Les 142 pages du texte sont vraiment très intéressantes, quelques longueurs certes, quelques lieux communs et préjugés gênants sur les Espagnols et les Espagnoles mais il décrit assez justement un pays (en tout cas celui que les touristes ont vu) tel qu’il était il y a 110 ans.

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CYCLOTOURISME: PÂQUES en PROVENCE 1979

Il y a 35 ans, ma première et unique Flèche Vélocio à l’occasion du rassemblement annuel cyclotouriste intitulé Pâques en Provence qui était organisé cette année-là à Cairanne (Vaucluse). En 2014, c’est Pernes-les-Fontaines qui accueillait les cyclos.

Le défi était de parcourir 350km en 24 heures, ce fut finalement 365 km du samedi 10h au dimanche 10h pour notre équipe de 5-maximum autorisé- (dont Raymond Deux de Meysse et Chabrière du Teil, l’oncle aujourd’hui disparu de Pierre V.). Circuit tracé par l’équipe (nous) et accepté par les organisateurs (l’Audax Club Parisien), la seule contrainte étant de ne jamais passer 2 fois au même endroit, ce qui évite de tracer par exemple un circuit de 3 boucles semblables de 120km autour de la ville arrivée. Départ de Montélimar devant les Cycles Reboul, une montée vers le nord jusqu’à Beaurepaire, le retour vers la vallée du Rhône puis la descente le long du fleuve-roi jusqu’au Teil par la RN86 et après une courte nuit, le dernier coup de collier jusqu’au terme via Vaison et Vacqueyras. En cours de route, les équipes avaient l’obligation de déposer des cartes données par l’Audax Club dans des boîtes aux lettres de villages du parcours et pouvait « subir » un contrôle « surprise » des organisateurs, ce qui ne fut pas montre cas. La moyenne que nous devions tenir était de 22,5km/h. Le gros problème fut ce satané vent du midi soufflant très fort à partir de Serrières jusqu’à la tombée de la nuit vers La Voulte qui me fit pas mal souffrir de Serrières à Tournon. Par chance quelques heures plus tard, au petit matin, c’était le mistral qui nous poussait vers le sud, sauf les derniers kilomètres de la traversée du Plan de Dieu mais là, avec Cairanne tout au fond, c’était l’euphorie qui nous faisait avancer, au milieu des centaines de cyclos se rendant à la concentration.

Le brevet souvenir:

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JEU: Un Dè 6 spécial… original!

Trouvé dans un grenier, un dé 6 faces spécial toupie. Quand il s’arrête de tourner, il donne le résultat sur une de ses 6 faces (ici pour un jeu de société, mais ce pourrait être 1-2-3-4-5-6):

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