Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993. Suite…
18 mai 1939.
Eulalio Ferrer écrit peu ce 18 mai mais un petit propos qui nous décrit un aspect peu agréable de la vie dans le camp: l’odeur pestilentielle que dégage les toilettes et qui envahit tout. Il titre d’ailleurs son propos: Merde… merde… merde…
L’odeur de la merde est partout surtout avec cette petite brise marine qui fait croire que même la mer sent ainsi.
C’est la conséquence du fait que les latrines n’ont pas été vidées de quelques jours. Tout sent la merde et un petit comique assure qu’ils sont au paradis de la merde !
Un colosse, Juanon, s’amuse à planter le nez d’un pauvre gars aux manières raffinées au-dessus des fosses… et il renouvellera l’expérience sur d’autres.
Si bien que quand les couleurs tricolores sont hissées sur le camp, les Espagnols les accueillent au cri de: Merde… merde… merde…!
A suivre le 23 mai…

