30 mai 1939: EULALIO FERRER raconte la vie au CAMP d’ARGELÈS

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Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993. Suite…

30 mai 1939.

Quand l’autorité française pose la question, pas mal de prisonniers décident de retourner en Espagne et maintenant ces départs ne sont pas ponctués par les insultes de ceux qui restent mais par des émouvants adieux qui étonnent les gendarmes français.

Eulalio fait le bilan de la population des camps d’Argelès qui a tendance à diminuer: fermeture de secteurs du camp, départs pour l’Espagne, pour les commandos de travail en France et dans les colonies. Il estime à 30 000 le nombre de présents dans son camp militaire, plus ceux du camp civil, ceux du camp des punis et des « indésirables » et ceux des hôpitaux. L’Indépendant de Perpignan estime à 350 000 le nombre de réfugiés espagnols restant encore en France.

A intervalles réguliers revient l’espoir d’un départ pour le Mexique. Alors les hauts-parleurs égrainent les noms des heureux élus, les autres restant avec leur tristesse.

Eulalio a reçu un colis d’aide d’une quakeresse britannique. Dans celui-ci, il trouve une serviette de bain, du savon, de l’aspirine, un produit laxatif, une pommade contre la gale, un liquide contre les poux, du bicarbonate et des pastilles de chlorate de sodium. Il le partage avec son père et un ami.

Pas de nourriture dans le colis qui serait pourtant la bienvenue avec cette cuisine collective dont la qualité et la quantité des aliments diminuent considérablement. Par chance, la cuisine parallèle des baraques reste de bonne qualité.

Aujourd’hui, les prisonniers se rendent sur le terrain de football pour assister à un match opposant deux équipes d’unités militaires. Y figurent quelques anciens footballeurs professionnels exilés. Le match joué en sandales est acharné et après le premier et unique but de match les coups pleuvent et une bagarre générale intervient. Néanmoins, les spectateurs sont contents de ce spectacle qui rompt la monotonie de la vie quotidienne.

Des rumeurs circulent comme quoi la France et l’Angleterre seraient sur le point de forcer Franco à décréter une amnistie générale. Les prisonniers s’enthousiasment oubliant que ce n’est qu’une des innombrables rumeurs sans fondement qui circulent sans arrêt dans le camp.

Au retour à la baraque, Eulalio et un ami mettent dehors une prostituée traînant dans celle-ci. Ils sont la visée des sarcasmes des autres. Pour fuir ces bruits, Eulalio se réfugie dans la rêverie et fait le point de son courte vie sentimentale à l’époque de la guerre civile. Il passe rapidement sur les prostituées des Ramblas qu’il n’a pas cotoyées et préfère se souvenir de cette idylle platonique qu’il vécut près d’Almatret avec une jeune fille qui était restée avec sa soeur atteinte de tuberculose à un stade avancé près de la ligne du font et qui s’en occupait  attentionnément.

A suivre le 02 juin…

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