Archives quotidiennes : 29/09/2015

CADEROUSSE: le DÉFILÉ de l’HARMONIE pour la FÊTE de la SAINT-MICHEL en 1950

A Caderousse, les fêtes patronales se déroulent pour la Saint-Michel, à la fin du mois de septembre.   Certes, une année, on essaya d’avancer les festivités au mois d’août mais le ciel se fâcha en laissant tomber un orage dantesque qui inonda tout. L’expérience tourna court et ne fut plus renouvelée.

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A lire l’article A Caderousse-(sous)-les eaux… du 20 mai 2014.

Deux cartes postales datant de la Saint-Michel 1950 montrent un défilé qui vient de parcourir les rues du village et tourne en face de la porte d’Orange dans le cours Aristide Briand où sont installées les attractions foraines.

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L’harmonie de Caderousse précède un groupe folklorique avec enfants, hommes et femmes en tenue provençale, peut-être les Enfants d’Arausio.

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Mais revenons sur la première vue en agrandissant le groupe de musicien:

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On voit que l’harmonie est composée d’un tambour, 3 trombones, un violon, 3 trompettes et un saxo. Le quatrième musicien en partant de la gauche, en tenue claire, est mon père Adrien, musicien lisant le solfège et qui participa à cette harmonie jusqu’à ce qu’il dût partir dans la Drôme pour mutation professionnelle.

L’harmonie faisait les défilés et animait les bals de la région, autant en Vaucluse que dans le proche Gard et même jusque dans la Drôme puisque j’ai entendu parler qu’elle avait fait danser jeunes et moins jeunes pour  la fête de La Bégude de Mazenc.

Une photo montre la suite du défilé de la Saint-Michel 1950 dans le cours, devant les baraques.

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Mon père a pu mettre un nom sur les visages des musiciens.
En partant de la droite vers la gauche, il a reconnu Mondon (premier trombone), Bourgeois (au tambour), lui-même (trombone), Jean Vaton (à la trompette), Morbet (avec le trombone relevé), Albin Aubépard (au violon), Rolland Babiol (au saxo) sans oublier Jean Aubépard (caché par son frère au violon et qui joue de la trompette).

Pour finir sur le même sujet de l’harmonie municipale de Caderousse, une autre vue de celle-ci

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non datée mais certainement antérieure aux précédentes (entre 1945 et 1949) avec Adrien toujours au trombone, 4ème à partir de la gauche et certainement son père (mon grand-père) Gabriel à la grosse caisse. La photo a été prise sur la place Jean Jaurès, devant la maison familiale. On voit la boucherie de « Major » (Reynaud) le beau-père de Léonce, le petit frère de Gabriel, Léonce qui plus tard reprendra ce commerce et deviendra boucher lui qui avait une formation de… menuisier.

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29 septembre 1939: EULALIO FERRER raconte sa vie au CAMP de SAINT-CYPRIEN

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Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993. Suite…

29 septembre 1939.

C’est vrai qu’Eulalio a beaucoup plus de loisirs d’écrire à Saint-Cyprien car l’article du jour est particulièrement long. De plus, des amis de sa baraque lui ont trouvé un nouvel emplacement beaucoup mieux éclairé.
La nuit est difficile avec les bruits des autres, le froid qui sévit, les poux qui sont particulièrement agressifs.

Rencontre avec un certain Jacinto qui vient juste d’arriver d’Espagne, via Biarritz. C’est grâce à son oncle, colonel franquiste qu’il a pu s’échapper et rejoindre la France. Il attendait dans une prison d’être exécuté avec des dizaines d’autres détenus. Cette attente était un supplice pour tous les hommes. La nuit, 5 ou 6 détenus étaient passés par les armes. C’était l’appel des suppliciés qui était le plus dur, les gardiens prenant un malin plaisir à égrainer les noms le plus lentement possible, de la manière la plus sadique pour mettre au supplice le plus de personnes… Un jour Jacinto crut qu’il allait y être et avait demandé à une connaissance dans le peloton d’exécution, un fin tireur, de s’occuper de lui, .

D’autres nouvelles de Santander. La journaliste Matilde Zapata a été exécuté au garrot*. Il avait connu cette personne, la Pasonaria de Santander, dans le mouvement des Jeunesses Socialistes avant puis pendant la Guerre Civile. Elle avait une plume assassine dans le journal dans lequel elle écrivait avec son conjoint Lucien Malumbres, assassiné avant le guerre, alors qu’il était pourtant protégé en permanence. C’est en cette occasion qu’Eulalio rencontra pour la première fois un mort et cela le choqua beaucoup.

La nourriture du camp est mauvaise, peu abondante. Les hommes sont tenaillés par la faim et sont considérés comme des bêtes.
Le soir, Eulalio essaie de trouver le sommeil malgré le ventre creux, le froid présent et les poux agressifs.

 A suivre le 3 octobre…

*le site http://www.unidadcivicaporlarepublica.es/index.php/nuestra-memoria/semblanzas-y-biografias/6433-matilde-zapata-de-periodista-a-leyenda nous apprend que Matilde Zapata a été fusillée à Santander le 28 mai 1938. A lire…

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