Archives de Tag: Montélimar

La DRÔME dans l’ANNUAIRE de juillet 1928.

Suite de l’article sur le « gros » annuaire regroupant les abonnés du téléphone de 7 départements du Sud-Est avec une loupe sur celui de la Drôme.


En tout honneur, tout seigneur, Ancône qui a tout simplement été oublié de la liste des communes.

En effet, entre Ambonil et Andancette aurait dû figurer Ancône… On peut en déduire que le téléphone n’était pas arrivé jusqu’au bord du Rhône dans le village. De là à complètement occulter le village !

A Montélimar, environ deux cent cinquante abonnés étaient recensés. Parmi eux une personnalité connue en France et dans la Monde que l’on pouvait obtenir en demandant à l’opératrice le 2.23…

… l’ancien Président de la République Emile Loubet, demeurant rue Quatre-Alliances. Pas pour longtemps puisqu’il allait disparaître l’année suivante.

Montélimar, c’est le Nougat, cette friandise à base de miel et d’amandes que l’on collectait en abondance dans le secteur. On retrouve trois nougatiers à la lettre N…

…Arnaud Soubeyran, le Sphinx et la marque Vieille France et Canard Sauvage. Ce ne sont pas les seuls puisque d’autres confiseurs sont inscrits à la lettre de leur patronyme. Vous pouvez chercher dans la liste des (environ) deux cent cinquante lignes ci-dessous. Revenons une seconde sur le document ci-dessus avec le numéro de l’Office National Météorologique situé tout près d’Ancône et de l’aérodrome qui avait été créé il y a peu. On devait composer le 1.88 pour connaître le temps qu’il allait faire. La station météo existe toujours au même endroit mais le ministère de tutelle souhaiterait bien s’en débarrasser.

La liste des numéros de Montélimar.

De A à BRO

Un tissage de soieries (Avond), une filature (Bérenger au Serre du Parc près de l’Homme d’Armes), un cinéma le Palace tenu par un certain Allette…

De BRO à COT

Pas moins de huit cafés dont certains existent encore mais plus le Miland sur le boulevard Marre-Desmarais devenu une succursale de banque après malgré pétitions, le Nougat Chabert et Guyot, la filature Brousse avenue de Rochemaure et rue Quatre-Alliances l’avocat Chancel qui se lancera plus tard dans la politique, la Chapellerie Montilienne quia laissé son nom à un quartier, route de l’hôpital (moderne), le Collège de Garçons dans la grand-rue, là où se trouve la poste et la sécu actuellement.

De COU à HÔP.

Le 52ème R.I. est toujours montilien, Delavant est pâtissier et pas encore nougatier, par contre le confiseur Duclot fait-il aussi des nougats ?, on trouve un soyeux chemin des Charmettes, Gineste-Lachaze, comme pour une filature, l’Homme d’Armes est regroupé avec Montélimar comme on peut lire avec la Société de Chaux et Ciments.

De HOS à MAR

Le photographe Joguet qui nous laissé nombre de clichés, pas moins de sept hôtels dont l’Hôtel de la Poste, place d’Aygu pas encore devenu le Relais de l’Empereur, la rédaction du Journal de Montélimar dans la rue Sainte-Croix, les nougats Lombard boulevard Marre-Desmarais.

De MAR à REB

Un autre café-restaurant, veuve Mazade rue Saint-Gaucher, les nougats Miche fils cadet, les célèbres cartonnages Milou du boulevard du Pêcher qui disparurent dans les années 70-80, le garage et cycles Moulin place d’Aygu délocalisé certes mais toujours existant comme concessionnaire Peugeot, Proton, docteur en médecine à Saint-Géry (plutôt sous-Géry) où vécut mon beau-frère Roland.

De REB à WOL.

Encore un nougat, Henry Reboul, un autre café glacier Royère au Fust, Tavan filature de le rue Roserie et soyeux boulevard Saint-Gaucher, un autre soyeux dans la Grande-Rue, Thorent, le transporteur Teste déjà présent rue Adhéra (Gineys descendra de la Haute-Ardèche plus tard), Villard un autre transporteur à Sarda,

A lire attentivement et à commenter !

Alors que l’annuaire de Montéliamr couvre une page et demie, Romans fait trois pages et demie et Valence cinq pages.
A Valence justement, on peut noter qu’elle avait toujours vocation d’être ville de garnison avec pas moins de trois unités…

… le 184ème Régiment d’Artillerie, le 66ème Régiment de Tirailleurs et le 504ème Régiment de Chars de Combat. D’où l’utilité du Polygone d’artillerie dans la cité.

 

 

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers

Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: Addenda 4 Une nouvelle vue du BAC à TRAILLE d’AVIGNON et le TOUEUR devant le pont du TEIL.

Une nouvelle vue prise depuis l’île de la Barthelasse du bac à traille du Rocher des Doms en Avignon.

A u premier plan le bac à traille attendant les passagers, au second plan le vire-vire à l’arrêt attendant son propriétaire et les aloses et en arrière-plan, le célèbre pont d’Avignon attendant les touristes qui le parcourent par milliers de nos jours 365 jours par an.

Seconde  carte récemment arrivée dans la collection: celle du toueur amarré au ponton du port de Montélimar:

Le toueur ou bateau à 2 culs étaient un bateau à vapeur qui remorquait les barques remplies de marchandises sur une quinzaine de kilomètres. Le Rhône était très puissant entre Glun et Pont-Saint-Esprit et les remorqueurs de l’époque n’étaient pas assez puissants. Alors on inventa les toueurs dont le fonctionnement consistait à enrouler un cable amarré en amont à la remonte puis à le dérouler à la décize.
Au second plan, le vieux pont du Teil si fragile que les voyageurs des voitures devaient le franchir à pied pour alléger le chargement !

Poster un commentaire

Classé dans CARTES POSTALES

JEUX: DUEL puis 3 scénarios de MÉMOIRE 44 avec PRESTON à la maison (samedi 2 septembre)

Début de soirée tranquille avec une double confrontation sur DUEL, la (très réussie) version à deux de 7 WONDERS.

Première partie largement remportée par Preston 48-35, je prends ma revanche sur la seconde manche 58-53. Décidément, Preston est le grand spécialiste des cartes bleues (18-0 puis 29-8) et je reste le plus belliqueux avec deux victoires militaires 10-0.

Cela faisait plusieurs années que l’on n’avait ouvert MEMOIRE 44 bien qu’ayant testé chez Fred et Sylvain des jeux de guerres de cette famille. Il fallut donc relire les règles du jeu pour se remettre dans l’ambiance.

Premier scénario: la Bataille de Montélimar dont Preston découvre l’existence.

Les positions de base des unités et du relief où l’on reconnaît la ville de Montélimar, Bonlieu, la colline de Savasse, celles infranchissables de Condillac et bien entendu, le Rhône. Six médailles à gagner ce que Preston réussira en premier en faisan une sorte que ses blindés atteignent les rives du Rhône pur obtenir la 6ème médaille.

La situation des unités en fin de manche avec les Allemands bien plus décimés que dans la vraie histoire et des Américains bien plus fringants qu’ils ne le furent fin août 44.

Second scénario avec un épisode du D-Day et la prise de Pégasus Bridge par les paras britanniques. Un scénario très compliqué pour les Allemands inférieurs en nombre face aux Britanniques.

Sans surprise, seconde victoire incontestable de Preston qui jouait les Alliés (on n’a pas changé de camp pour les 3 parties).

Troisième scénario avec un autre épisode du D-Day: le débarquement des Britanniques à Sword Beach.

Là, il s’agit d’une partie où l’Allemand devrait être malmené puisque ce fut le cas dans l’histoire réelle. Les troupes alliées sont en nombre mais elles resteront coincées sur la plage normande, incapable d’infliger la moindre perte aux trois bunkers posés sur la côte. Bien à l’abri dans ces ouvrages du Mur de l’Atlantique ou dans les villes de l’arrière, l’Allemand ne connaîtra aucune perte pour un 6-0 cinglant.

Bonne soirée. A refaire !

 

Poster un commentaire

Classé dans Jeux

Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: Addenda 3 De nouvelles vues de BAC à TRAILLE dont on a déjà parlé.

Une autre vue, plus moderne du bac de Saint-Pierre-de-Boeuf entre Isère et Loire, un bac qui connut des problèmes d’ensablement avant d’être déplacé plus au sud (ce bac visible ci-dessus).  On voit le bac s’approcher de la rive droite. Le courant semble important à l’approche de la confluence avec le Batalon. La barque peut accueillir des voyageurs mais aussi une ou deux remorques.

Autre vue du bac de Baix entre Ardèche et Drôme, depuis l’amont de la traille. On y voit le village de Baix en second plan, presqu’en entier. L’eau est abondante dans le Rhône non dérivé.

La seconde guerre a détruit par deux fois le pont du Teil: une première fois par le Génie français en 1940, une seconde fois en 1944 par l’aviation américaine. Le bac remis en service connut un drame en juillet 1940. Ce dernier, plus modeste semble dater d’après 1944. La carte a été colorisée. on voit à droite le ponton du port de Montélimar et au fond, le pont du Teil sans son tablier qui git au fond du fleuve. Le bac accueille de nombreux passagers mais ne semble pas destiné à prendre des voitures. C’est pour cela que les pouvoirs publics se hâteront de reconstruire cet important ouvrage d’art entre Drôme et Ardèche.

Une vue originale du bac d’Avignon, prise depuis le Rocher des Doms. On y voit parfaitement la traille mais pas la pile côté Barthelasse. Au fond Villeneuve-lès-Avignon et sa Chartreuse. A l’arrivée du bac, on voit le calvaire qui existe toujours même s’il semble avoir été légèrement déplacé et une publicité d’un apéritif « OXYGÉNÉE CUSENIER ». La loi Evin n’était pas encore passée par là ! On aperçoit également la guérite du passeur où devaient se payer les frais de la traversée.

 

1 commentaire

Classé dans CARTES POSTALES

Mars 1899: EMILE LOUBET devient PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE (2/2)

On sait que le premier voyage officiel d’Emile Loubet sera pour Montélimar, la ville qu’il avait administré en tant que Maire pendant tant d’années. La Vie Illustrée du jeudi 13 avril 1899 raconte ce voyage en images…

que voilà. A la une de ce numéro, la réception d’Emile Loubet devant la gare de Valence où le train présidentiel s’était arrêté quelques instants.

Une gravure de Duplessis à partir d’une photo de La Vie Illustrée montrant le Président devant sa maison de la rue Quatre-Alliances, aux côtés du Maire qui lui a succédé, M. Gauthier et de Charles Dupuy, président du Conseil des Ministres (= Premier Ministre de nos jours).

La première journée de visite en photos, avec les commentaires du magazine.

M. Loubet passant la cravate de commandeur au cou du général Marchand (photo Joguet)

L’arrivée du Président à Montélimar.

La calèche officielle dans la cour de la gare.

Mme Loubet mère et mme Auguste Loubet à la port de la sous-préfecture, regardant le Président sortir de l’Hôtel-de-Ville.

Le Président embrassant sa mère.

« Demandez: Gloire à Loubé !… paroles et musique.

M. Loubet médaillant un vieux camarade.

Mme Loubet attendent le passage de son fils, sur la terrasse de la sous-Préfecture.

Et la seconde journée toujours en photos.

M. Dupuy, le préfet de la Drôme et le sous-préfet de Montélimar se rendant au déjeuner intime de la rue Quatre-Alliances. 

M. Loubet arrivant au vélodrome (il s’agit de l’inauguration officielle de cet espace sportif, situé à Bel Air ?)


M. Loubet et M. Dupuy dans la tribune du vélodrome.

Le vainqueur de la première course.

Une voiture fleurie.

Le Président quittant Montélimar.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Mars 1899: EMILE LOUBET devient PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE (1/2)

Félix Faure est décédé le 16 février 1899 dans les bras de sa maîtresse ce qui fit le bonheur des chansonniers et des humoristes. Ce fut Emile Loubet, maire de Montélimar et sénateur de la Drôme qui fut élu président de la République deux jours après, le 18 février 1899. Pas de longue campagne à l’époque puisque le Président était élu par les députés et les sénateurs (le Congrès).

Dans la Vie Illustrée du jeudi 2 mars 1899…

on y voit Emile Loubet sortant du premier Conseil des Ministres qu’il a présidé. On y parle des obsèques de Félix Faure et des manifestations des Nationalistes de la Ligue des Patriotes emmenés par Paul Déroulède ayant tenté de prendre le pouvoir à l’occasion de cette période troublée.
Mais on y lit surtout un article de 2 pages…

présentant le nouveau président de la République, une biographie d’Emile Loubet illustrée de quelques photos que voilà.

Dernière photographie d’Emile Loubet.

Madame Emile Loubet (née Picard, fille de commerçant montilien)

Le Café des Officiers où M. Loubet prend son café quand il est à Montélimar. Difficile à localiser ce lieu à partir de cette photo. Peut-être sur les Allées ou la place de la Mairie ?

Mme de Saint-Prix fille de M. Loubet.

M. Paul Loubet, fils aînée du Président à l’âge de 15 ans. Ce dernier a aussi fait de la politique et laissé son nom à une place à Montélimar.

M. Emile Loubet, le plus jeune fils du Président (7 ans)

M. J. Loubet, médecin (à la retraite) à Grignan, frère du Président et Mme J. Loubet.

Maison d’Emile Loubet rue Quatre-Alliances, à Montélimar (la seconde à gauche, deux mètres de façade)

Qu’apprend-on dans l’article qu’on ne sache déjà ? Que le Président n’est ni riche ni pauvre et possède en plus de sa maison de la rue Quatre-Alliances, une petite bicoque sur la route de Montélimar au Teil, qu’il compte venir passer ses vacances « présidentielles » rue Quatre-Alliances, qu’il aime les courses pédestres, c’est-à-dire la marche à pied et  qu’il parcourt souvent Montélimar-Marsanne à pied…

 

Poster un commentaire

Classé dans Revues

A l’occasion du TOUR de FRANCE 1937, un CONCOURS de PRONOSTICS à MONTÉLIMAR.

Une affichette du même format que le magazine sportif de l’époque Match, annonçant un concours de pronostics organisé par la Maison Modèle, une enseigne de vêtements sise 95-Grande Rue, alias rue Pierre-Julien de nos jours.

Suit après le titre, le règlement du concours.

Il va s’agir de découvrir le nom du vainqueur du Tour de France 1937 et surtout, c’est là que ça se corse, le temps mis par celui-ci pour boucler la Grande… Boucle  !

Les réponses devront parvenir au magasin le 16 juillet dernier délais sinon les bulletins seront détruits. A cette date, les Alpes seront passées mais pas les Pyrénées… Toute une affaire !

Le dépouillement des bulletins aura lieu le 27 juillet à 21 heures au café Pomarel.

Enfin, les vainqueurs, annoncés par l’huissier Combe auront un mois pour retirer leurs lots qui éventuellement pourront être échangés contre des marchandises vendues par la Maison Modèle. Seul hic après la lecture de ce règlement et malgré ce que dit ce bandeau en bas de la page…

…à aucun moment sont annoncés les lots et le nombre de prix. Ennuyeux !

Quand au vainqueur de la Grande Boucle 1937… rendez-vous les 27 et 28 juillet pour les derniers numéros du Miroir des Sports et de Match ! A moins que vous ne pouviez réciter à l’endroit comme à l’envers les noms de tous les vainqueurs du Tour de 1903 à 2016 !

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers

Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 13/25 LE TEIL

Un bac à traille est attesté au XVIème siècle pour franchir le Rhône au niveau du Teil. C’est ce que nous apprend, entre autre, Henri Cogoluènhe dans sa thèse sur les bacs sur le Rhône. On peut aussi savoir qu’une autre traille existait en 1810 un peu en aval, au niveau de la confluence entre le Rhône et le Frayol.

C’est la création de ce premier pont suspendu qui interrompra le bac à traille. Commencé en 1838, il fut mis en service le 8 octobre 1843, après avoir connu bien des problèmes de fiabilité après les crues de 1840 et 1842 qui mirent à mal ses piles. Le bac cessa de fonctionner à ce moment.

Le premier pont suspendu devenu obsolète et dangereux pour ses usagers fut remplacé par un second pont, construit au même endroit et inauguré en 1931. C’est la guerre qui remit à la mode la traille avec la destruction du pont par les artificiers français en 1940 puis une seconde fois par un bombardement allié  en août 1944.

Le bac reprit donc du service en deux périodes, en face du port de Montélimar appelé souvent improprement port du Teil,  qui recevait les marchandises depuis le milieu du XIXème siècle. Emplacement différent de la traille d’avant 1843 qui était située plutôt en amont du pont.

Le bac fonctionna donc de juin 1940 à début 1943 puis de septembre 1944 à l’ouverture du pont actuel en 1950.

Une traille fut installée rapidement et dans la précipitation, finalisée en quelques semaines puisqu’ouverte le 21 juillet 1940 et ceci fut la cause de la catastrophe du 21 septembre 1940 qui vit la barque chavirer, entraînant la mort de  21 passagers.  Il y eut tout de même 24 rescapés. Une tragédie !

EMBARQUEMENT SUR LE BAC
LE BAC SUR LE RHONE

 Un billet de traversée du Rhône par le bac.

A noter que la carte du port du Teil nous vient de la collection Marc Durand qui nous l’a prêtée pour une copie numérique et que les 2 images du bac du Teil en 1940 ont été copiées sur le site:

http://www.leteilmemoireenimages.net/patrimoine/rhone/bacatraille/latragediedubacatraille.html

2 Commentaires

Classé dans CARTES POSTALES, Photographie, Recherche

Ce dramatique 14 juillet 1902 à Ancone (Drôme).

Article écrit pour le blog anconecultureetpatrimoineleblog.wordpress.com après des recherches sur l’Etat-civil de la commune mis en ligne par les Archives départementales de la Drôme et cette découverte fortuite qui a marqué la vie de notre commune rhodanienne.

C’est en consultant l’Etat-civil d’Ancone et plus particulièrement le registre des décès que nous découvrîmes cette dramatique après-midi du 14 juillet 1902, en bord de Lône. Férié depuis 1880, le 52ème Régiment d’Infanterie devait avoir donné quartier libre à ses hommes à l’occasion de la Fête Nationale après la prise d’armes en matinée. Un petit groupe de trois copains décida, par la chaleur qui faisait, de venir prendre le frais au bord de la Lône, du côté d’Ancone où les épis de roches posés dans ce bras secondaire du Rhône faisaient de petits bassins propices à la baignade.

 Le groupe de jeunes hommes arriva en début d’après-midi. Il n’y avait pas grand monde à l’endroit où le groupe décida de se baigner. Les jeunes gens se languissaient de se mettre à l’aise et de se débarrasser de la chaude tenue militaire dont ce pantalon rouge et cette vareuse bleue qui collaient à la peau après la route, parcourue à pied sous un soleil de plomb, sans un brin d’ombre, pour arriver jusqu’à la Lône d’Ancone. C’est Augustin Pellat, le plus jeune des trois qui plongea le premier dans les eaux de la Lône. Ce fut le drame !

Augustin venait du Trièves voisin, ce pays blotti au pied oriental du Vercors, non loin du Mont Aiguille. Il était arrivé récemment au 52ème et avait fini ses classes. C’était l’une de ses premières sorties, un moment de liberté. Né à Mens le 28 février 1883, il n’avait connu que la ferme de ses parents, Augustin et Désirée, au Monestier-du-Peray. Puis c’avait été le conseil de révision, à Grenoble et ce voyage en train, jusqu’à Montélimar et la vallée du Rhône, une aventure ! Un grand fleuve, il ne connaissait pas trop et nager encore moins. Mais entre copains, on devient téméraire, surtout quand quelques verres avalées pour célébrer la Fête Nationale finissent de vous désinhiber. Et puis, à 19 ans, on n’a pas le temps de réfléchir.

Augustin Pellat plongea dans l’eau de la Lône et coula à pic.

Comprenant ce qui se passait, Hyppolite Cyrus Louis Moullet se jeta à l’eau à son tour. Ce n’était pas la première fois qu’il venait à Ancone, à la Lône d’Ancone. Si Augustin commençait sa période de 3 ans, lui, Hyppolite était sur le point d’être rendu à la vie civile. Il était montilien d’adoption à la caserne Saint-Martin depuis le 16 novembre 1900, caporal depuis peu. C’était son second été en Drôme provençale et en bord de Lône, sans compter toutes les fois où il était passé sur le pont de Rochemaure lors de manoeuvres. Il venait lui aussi des Préalpes, mais, un peu plus au sud, d’un petit village perché dominant la vallée de la Durance au nord de Sisteron, Ventavon. Son père Cyrus tenait la ferme seul, Marie sa mère n’étant plus de ce monde. Lui savait nager, il avait appris dans la Durance, sans compter les cours -très théoriques- reçus pendant sa période d’instruction militaire.

Ce fut le second drame ! Hyppolite s’enfonça dans les eaux et ne réapparut plus !

Le troisième soldat, totalement impuissant devant le drame qui venait de se jouer sous ses yeux, partit à toute allure au village pour aller chercher de l’aide. Quelques villageois rencontrés à la terrasse du café de la place du platane se précipitèrent sur les lieux, pleins de bonne volonté mais aussi démunis que le jeune homme face à cette situation. Lequel jeune avait poursuivi son chemin pour donner l’alerte à la caserne.

Un groupe de militaires se rendit rapidement sur les lieux et un excellent nageur de l’équipe plongea et réussit à remonter les corps sans vie des deux copains.

Ainsi, le soir même, Louis Salomon, le maire d’Ancone en 1902, officier d’état-civil, pouvait conclure ce drame en laisser une trace pour la postérité sur le registre des décès de la commune, en écrivant ces quelques mots: mort à trois heures du soir d’asphyxie survenue au cours d’un bain qu’il prenait dans la Lône du Rhône, située à huit cents mètres environ au nord-est du pont de Rochemaure. On peut penser qu’Augustin et Hyppolite furent frappés l’un comme l’autre d’hydrocution au contact d’une eau bien plus fraîche que l’air ambiant. Deux des témoins du drame, Jean Pons, le garde-champêtre et Félicien Marion attestèrent pour la Loi les décès des deux pioupious.


deces-moullet-1-lone
deces-moullet-2-lonedeces-moullet-3-lonedeces-moullet-4-lone

L’armée ramena leurs corps sans vie à la caserne et informa les familles de ses disparitions. Les maires du Monestier-du-Peray et de Ventavon durent, chacun de leur côté,  se rendre à la ferme familiale pour avertir des parents et proches qu’ils ne reverraient plus leur enfant. Les obsèques furent célébrées le lendemain. On barra d’un double trait les pages d’Augustin Pellat et Hyppolite Moullet, dans les registres matricules, à Grenoble et à Gap, avec la mention DÉCÉDÉ.

A Ancone, ce fut certainement un sujet de discussion dans les cafés et les commerces, le soir et les jours qui suivirent… Le Journal de Montélimar, ancêtre de la Tribune en parla lors de la parution le samedi suivant, le 19 juillet de son numéro. C’est cette narration qui nous a permis d’écrire ces quelques lignes. Puis la vie reprit, les baignades dans la Lône aussi. On construisit même quelques années plus tard, une petite base de loisirs sur ce bras mort du fleuve. Comme pour les montagnards, les riverains du Rhône savaient bien, hier plus qu’aujourd’hui, que le fleuve peut aussi se montrer redoutable et qu’il y a toujours quelques risques au bord de l’eau.

dsc00697dsc00698

Poster un commentaire

Classé dans Recherche, Vieux papiers

JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE- A ANCONE, on parlera du PONT DE ROCHEMAURE, des PONTS SUR LE RHÔNE et des CHEMINS DE SAINT-JACQUES EN RHÔNE-ALPES.

Après Caderousse hier, l’annonce des Journées du Patrimoine à Ancone cette année. Ancone Culture & Patrimoine en collaboration avec la Médiathèque de Montélimar présente depuis le 02 septembre l’exposition

UN PONT C’EST TOUT !

Il s’agit de montrer par l’image la transformation du vieux pont de Rochemaure en ruines en une rutilante passerelle himalayenne à travers le reportage de Tristan Silberman, photographe professionnel. Cela se passa de janvier à juillet 2013, malgré la neige, le mistral et quelques imprévus.

DSCN8470

Un film réalisé par Voir Média Productions accompagne cette visite.
A voir également des maquettes de ce pont de Rochemaure avant les destructions de la seconde guerre mondiale, une maquette du pont de Robinet à Donzère et une autre du pont d’Avignon.

Dans une petite chapelle de l’église d’Ancone, lieu d’exposition de la commune, est également diffusé un diaporama réalisé par mes soins:

POUR PASSER LE RHÔNE

Capture d’écran 2016-09-06 à 15.31.55

document que vous pouvez demander et qui vous sera envoyé en format PDF. Une balade le long du Rhône à travers les époques, de la traversée d’Hannibal Barca près de Caderousse aux bacs à traille, du pont en barques d’Arles au bac du Barcarin, du Pont-Saint-Bénézet ou celui de Pont-Saint-Esprit aux ponts « en fil de fer » jusqu’aux petits derniers, le  pont à haubans de Beaucaire et celui des Lônes à Valence, sans oublier les dommages de 1940 et 1944 qu’ils viennent du Génie français en 1940, des bombardements alliés ou des destructions allemandes ou l’arrivée dans la vallée des aménagements de la CNR, des autoroutes et de la L.G.V…

Des jeux de société dédiés aux ponts complètent ce volet de l’exposition: un TIMELINE « De Lyon à Marseille », un CARDLINE « Vallée du Rhône », un MÉMORY « spécial ponts », un LOTO-QUIZZ sur le même thème et un JEU DES FAMILLES un peu particulier (!)…

Pour terminer le tout, une exposition sur les Chemins de Compostelle dans notre région, chemins que les pèlerins empruntaient et empruntent en direction d’Arles et du Puy.

DSCN8472

DSCN8473DSCN8471

Poster un commentaire

Classé dans Conférences, Evénements, Jeux, ORIGINAL!, Photographie