Archives mensuelles : mars 2017

106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBERT Julien

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquième nom de la liste: Aubert Julien.

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Première face du Monument

Pas de lien de parenté proche entre ce Julien Aubert et Augustin Aubert dont on a parlé il y a peu. Ni frère, ni cousin germain, peut-être des parents plus éloignés.

Décidément, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Tel est une maxime bien connue et mainte fois répétée. L’Armée fait donc partie des institutions intelligentes. Né le 25 juin 1885, Julien aurait dû faire ses classes à partir de 1906. Il se présenta bien à la caserne du 58ème R.I. d’Avignon mais, après être passé devant les médecins, il fut déclaré inapte pour diverses raisons et rayé des cadres le 18 avril 1907. Il cumulait les restes « d’une pleurésie ancienne » ayant entraîné « une rétractation de la poitrine du côté droit » et « une déviation de la colonne vertébrale ».

La guerre commencé par le bain de sang d’août-septembre 1914, un besoin urgent d’hommes nouveaux se fit sentir. Alors, l’Armée racla les fonds de tiroirs et alla rechercher tous ceux qui étaient passés plus ou moins justement entre les mailles du filet, avant-guerre. Inapte en 1907, Julien Aubert devint un soldat tout à fait convenable en 1915. Cette pratique eut souvent des conséquences catastrophiques, surtout quand on mélangea au milieu d’hommes sains, d’autres atteints de la tuberculose ! On le verra plus tard.

Julien Aubert rejoignit donc le 97ème Régiment d’Infanterie à Chambéry le 22 février 1915. Un régiment parfois appelé 97ème R.I.A. puisque comprenant une division alpine. De bronchiteux et handicapé, Julien devint un soldat tout à fait exemplaire et fut cité à l’ordre de la division le 15 octobre 1915 pour ces faits d’armes.

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« Fait preuve du plus grand courage et d’énergie en se portant à l’assaut d’une tranchée et les chefs tombés, en allant spontanément se placer sous le commandement d’autres chefs pour poursuivre la lutte avec eux. »

Début septembre 1916, le 97ème R.I. était dans la Somme, dans le secteur de Barleux pour une nouvelle attaque programmée par l’Etat-Major, certainement dans le but de soulager le secteur de Verdun.

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La lecture du compte-rendu de l’attaque des hommes de ce régiment chambérien sur le site Mémoire des hommes est édifiante. Les fantassins s’enfoncent relativement facilement dans les lignes ennemies qui ont plus ou moins été abandonnées. Le rédacteur ose un L’objectif final semble devoir être rapidement atteint. Puis les certitudes deviennent des doutes puis des craintes pour les compagnies les plus engagées. La 10ème (la compagnie à laquelle appartient Julien Aubert) qui, par dessus les deux lignes allemandes avait pénétré dans Barleux, n’avait donné aucune nouvelle. 

Les Allemands reviennent en masse et essaient de s’infiltrer entre le 97ème qui a trop avancé et le 93ème à sa droite plus en recul ! Si bien que le résultat de cette journée du 04 septembre n’est guère glorieux.

A 20 heures, tous les éléments ayant participé à l’attaque et qui n’avaient pas été tués ni n’avaient disparu, avaient rejoint nos positions de départ. Celles-ci dès le déclenchement de l’attaque, étaient tenues par des éléments des compagnies de soutien non engagées et par deux compagnies du bataillon Laroque. Ces compagnies eurent, elles aussi, beaucoup à souffrir de violents tirs de barrage qu’elles essuyèrent à partir de 16 heures.

Ceux qui n’étaient ni morts et disparus étaient revenus au point de départ du matin ! Julien faisait partie de ceux qui n’étaient pas de retour. On le retrouve dans la liste des décédés, répertoriés par compagnies:

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Entre le 1er et le 7 septembre, les pertes ont considérables. Au 97ème R.I.:

  • pour les officiers: 3 tués, 4 blessés et 10 disparus.
  • pour les hommes du rang: 90 tués, 351 blessés et 424 disparus !!!

Tout cela pour revenir à son point de départ comme l’a raconté le narrateur officiel de cette attaque !

Julien Antoine Aubert avait donc un peu plus de 31 ans, disparu le jour où cette République avait 46 ans.

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Julien Antoine Aubert, matricule 444 classe 1905, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubert étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

Pour lire le récit complet de la journée du 4 septembre:

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A suivre: Paul Aubert.

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Avec DANIEL et MARIE à la CONTRÉE des JEUX (19 mars 2017)

Un dimanche en Avignon, à l’Agroparc, pour la Contrée des Jeux organisée par Jeux Jubil’ pour la 8ème année. Arrivés exactement au moment de l’ouverture des portes, cela nous a permis de profiter jusque vers 14 heures d’une salle peu puis moyennement remplie. La foule n’arriva qu’en après-midi comme l’attestent ces vues…

…plus proches de ce qu’on attend d’un Festival que ce qu’on a côtoyé le matin.

Pour commencer donc, une partie des AVENTURIERS DU RAIL à 3 avec Paul qui se débrouille bien et Daniel qui se concentre en début de partie (ou termine sa nuit). Plateau surdimensionnée…

…gros wagons mais petites cartes (cartes normales du jeu tout public).  Partie un peu longue pour Paul mais intéressante même si ne jouer qu’à 3 alors qu’on pourrait être 5 à se disputer les chemins a pour conséquence le fait qu’on ne se gêne pas et nuit ainsi à l’interactivité du jeu.

La partie finie, c’est le moment de compter et le verdict tombe avec la victoire de Daniel au bénéfice de ces nombreux objectifs pris sur la fin et atteints.

Bilan des courses: Daniel 139 points; moi 116 et Paul 91. Sans discussion !

Suite de matinée avec un très intéressant PANDEMIC (Pandémie en français pour faire moins branché) version LE RÈGNE DE CTHULHU. C’est Pandémie certes mais c’est tout de même quelque chose d’autre, de nouveau, comme on l’avait  constaté aussi avec la version ibérique du jeu, il y a peu.

Les maladies sont devenues des monstres plus ou moins volumineux qui apparaissent et que l’on doit combattre. L’histoire se passe dans le monde Cthulhu, les déplacements se font en bus, les monstres qui apparaissent amènent des restrictions compliquées à résoudre pour les joueurs. La principale fut pour nous de devoir produire 6 ou 5 cartes (pour Daniel) au lieu de 5 ou 4 comme prévu en début du jeu, pour fermer les portes.

Bilan après la partie… un échec. Pas un gros carton, non, une victoire du jeu de justesse. Il suffisait à Marie de poser ces (et ses) cartes et les 4 portes auraient été fermées…

…mais il manquait 3 cartes au deck des lieux ! Dommage mais intéressant et moins stressant que de devoir combattre des maladies !

Le jeu en fin de partie. En haut, les restrictions, sur le plateau, 3 portes fermées dont 2 (à gauche) verrouillées définitivement… Dommage, on était si près !

Après les pizzas, retour en salle autour de ce petit jeu CELESTIA et ce magnifique vaisseau spatial surtout en version surdimensionnée.

Dans les vaisseaux, les passagers et un capitaine changeant à chaque tour. Le problème: quitter le navire avant qu’il ne se scratche ! Car de tels navires sont fragiles et ne vont jamais très loin tant ils sont sujets aux fluctuations du climat. Si l’on descend au bon moment, on peut récupérer une carte avec des points, sinon, si l’on subit le scratch, on ne pend rien ce tour-là. Oui mais, il faut tout de même aller le plus loin possible car plus on va loin, plus on gagne une carte de forte valeur. Entre bluff et pari !

Le vainqueur, c’est celui qui a le plus de points quand un joueur active la fin du jeu au moment où il a plus de 50 points au début d’un tour. C’est Marie qui arrêta le jeu mais c’est moi qui la coiffa avec 58 points contre 54 pour elle.

Daniel et Paul en restèrent baba !

Daniel voulait essayer COLT EXPRESS… on s’y attela  donc.

6 autour de la table après s’être ajoutés à un groupe de joueurs pour faire une partie dans des conditions optimales. Plus on est nombreux, plus le jeu devient calculatoire mais aléatoire, un peu comme à CAMEL UP. 5 manches, tous les personnages en jeu et pour la première fois, j’arrive à confisquer la valise du shérif pour ne pas la rendre. 

Les discussions continuèrent après la fin de ce moment vraiment ludique. 3 vainqueurs ex-aequo à 2 000 points (les 3 de Montélimar) avec un petit avantage moral pour le tenant de la valise !

Fin d’après-midi avec un rapide SLENDOR sur un bout de table, à 3.

Pas grand chose à dire sur cette partie, à part une jeu parfait de ma part, bien aidée comme il se doit par la chance de voir apparaître la bonne carte, de la bonne couleur, au bon moment.

16 points, seulement 10 cartes récupérées dont 6 avec score (60%), une tuile personnage et Marie et Daniel assez loin ?  Quand tout va… !

Une bonne Contrée 2017 !

 

 

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 2/25 OULLINS

Premier bac sur le Rhône après la Confluence…

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était celui d’Oullins. Suivant la thèse d’Henri Cogoluenhe (dont le correcteur orthographique de mon ordinateur s’obstine à ajouter à mon insu un m après le premier o !), cette traille fut installée au lieu-dit la Saulaie en 1867. Elle reliait Oullins au sud de la ville de Lyon. Elle cessa de fonctionner en 1935.

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L’installation n’étant pas été démontée, elle se révéla fort utile après la retraite des Allemands en septembre 1944 qui détruisirent tous les ponts sur le Rhône à Lyon. La traille d’Oullins reprit donc du service pour quelques années.

La pile de la rive droite (Oullins) fut rasée lors de la construction de l’autoroute A7 qui longe le fleuve, dans les années 60 et a effacé la berge naturelle. Celle de la rive gauche (côté Lyon) existait en core en 1980 dit Henri Cogoluenhe mais elle semble avoir été sacrifiée pour ne pas gêner le développement commercial du port autonome de Gerland.

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Emplacement supposé de la traille de la Saulaie sur cette carte provenant du site Google Maps.

A suivre: Irigny.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 18 mars 1917

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 (JOUR 958 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Le Général Herr pose fièrement avec sa nouvelle cravate de commandeur de la Légion d’Honneur. Il commandait le secteur de Verdun lors de l’attaque allemande du 21 février 1916 et il avait pourtant pris quelques décisions surprenantes qui ne méritaient pas la remise de cette décoration.

L’entrée prochaine en guerre des Etats-Unis est freinée par le fait que les transports sont quasiment interrompus à travers l’Atlantique à cause des attaques allemandes. En conséquence, les trains sont aussi arrêtés en attendant que le trafic maritime reprenne.

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Un Océan Atlantique infesté de sous-marins allemands mais aussi de corsaires comme ce navire photographié en cachette.

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Pourtant la flotte britannique patrouille comme ici en mer du Nord, équipée d’un armement impressionnant:

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Sur le front d’Orient, en Méditerranée, les sous-marins allemands font aussi des ravages. Comme il n’y a pas de bassin de radoub à Salonique, les réparations sont difficiles.

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Une page consacrée à la chute d’un aéroplane autrichien en Italie, derrière les lignes alliées.

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Les aviateurs n’ont pas survécus et sont enterrés avec les honneurs militaires.

 Travail des hommes du Génie qui ont établi un pont de barques sur une rivière du nord de la France.

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La boue, les trous d’eau, des lieux dévastés.

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Difficultés pour les Britanniques d’avancer dans le secteur de l’Ancre (Somme) après la prise de territoires.

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C’était un bois, le bois des Caurières devant Verdun. Voilà tout ce qu’il en reste !

Un petit tour en Afrique pour terminer ce numéro du Miroir.
3 photos d’aviateurs belges dans le secteur du lac Tanganyika.

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La construction d’un vapeur, le « Baron Dhnais » sur les berges de ce grand lac de l’Afrique australe.

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De belles vues aériennes. On a parlé il y a peu de la chute de la dernière colonie allemande en Afrique.

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Le (petit) KIOSQUE de PRESSE DE 37: MARSEILLE-MATIN du 16 mars 1937

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Pas d’événement majeur à la une « patchwork » de ce Marseille-Matin. Des grèves chez les brasseurs de Bar-le-Duc et les ouvriers de l’aviation chez Latécoère à Toulouse, le projet d’une rencontre Hitler-Mussolini en Allemagne en avril, des tentatives des 2 camps pour mettre un terme à la guerre civile espagnole… C’est ce dernier titre qui semble le plus surprenant tant les 2 camps semblent exclure un compromis quelconque.

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Voici donc ce plan pour mettre fin à la guerre civile espagnole. Dans un premier temps, un gouvernement militaire commandé par le général républicain Miaja serait chargé de remettre de l’ordre dans le pays. Franco comme Caballero démissionneraient et les volontaires ou réguliers étrangers seraient renvoyés chez eux. Enfin, à l’issue de cette période de pacification du pays, le régime parlementaire serait rétabli.

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C’aurait pu être une solution mais jamais Franco et ses soutiens chez les puissants n’auraient pu accepter de partager un tant soi peu de leurs privilèges.

Pour l’heure, la guerre continue et Bilbao subit le blocus des Nationalistes. La photo sensée illustrer ce titre n’est pour le moins pas claire !

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Autre nouvelle. Un cargo français a été arraisonné par les Franquistes au niveau de Tarifa, pour un motif obscur…

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tandis que dans le contrôle exercé par les Français dans le but d’empêcher des volontaires étrangers (des Brigadistes) de rejoindre l’Espagne, 4 Italiens et 6 Américains ont été pris à Perpignan et condamnés à quelques jours de prison.

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Une neutralité qu’essaie de définir le gouvernement de Londres et qui semble très favorable aux Italiens et aux Allemands.

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Marseille-Matin est avant tout un quotidien marseillais. Il est bien sûr question de gangsters arrêtés par la police.

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Un certain Dominique Fenech qui était recherché pour une agression chez une vieille dame a été arrêté alors qu’il se cachait chez un ami.
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Même sort pour Gaetan Termine, recherché pour vol et usurpation d’identité, arrêté dans les vieux quartiers, ceux que les Allemands firent sauter en 1943.

Presqu’une demi-page sur les diverses manifestations de partis proches du fascisme: le Parti Social Français du colonel de La Roque et le Parti Populaire Français de Doriot.

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Marseille-Matin serait-il proche de cette extrême-droite nationaliste ?

Enfin, on serait déçu si on ne lisait pas, en page sportive, l’article sur l’O.M. C’est le cas en page sportive où on annonce le futur OM-Sète au stade de l’Huveaune et où le journal présente le rival voisin sètois.

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 Une annonce bizarre à la lecture des futurs Miroir des Sports… on en reparlera !

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Le (petit) KIOSQUE de PRESSE DE 37: LE MIROIR DES SPORTS du 16 mars 1937

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La saison cycliste a repris non pas au Qatar mais sur Paris-Nice. c’était ainsi le cas jusque dans les années 80 jusqu’au moment où le vélo inventa la mondialisation.

Pas une belle vue de paysages printaniers mais les cyclistes les plus en vue de la course, Roger Lapébie et René le Grévès dans un coin d’un bistrot, entre 2 demi-étapes, à Toulon.

Pour compenser, voici quelques images de la « Course au Soleil » qui auraient tout aussi bien pu illustrer la couverture de ce numéro 935.

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Le passage des coureurs sur le pont de Tournon, permettant de franchir le Rhône.

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Entre Orléans et Nevers, le peloton en bord de Loire, vers Gien.

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Les coureurs à La Ciotat.

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L’arrivée victorieuse de Vervaecke à Toulon lors d’une demi-étape Marseille-Toulon.

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Dans les côtes de l’arrière pays, l’Italien Martano retrouve le coup de pédale du grimpeur.
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Cyclistes et moutons doivent quelquefois cohabiter sur ces routes secondaires.
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Les lauréats posent à Nice. De gauche à droite: Marcaillou second du général, Lapébie vainqueur de Paris-Nice 1937 et Tanneveau vainqueur de la dernière étape Cannes-Nice.

Le 44ème National de Cross a pu avoir lieu après son annulation la semaine dernière.

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Il a été remporté par le Marocain Ben Larbi.

De même, le 4ème qualifié pour les 1/2 finales de la Coupe de France de football est connu.

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Il s’agit de Sochaux, vainqueur de Cannes 3-1. Ce qui donnera les rencontres suivantes en 1/2 finales:

Sochaux-Boulogne

Rouen-Strasbourg.

Le championnat de France de football reprenait ses droits à 13 journées du but. Voici des résultats de la journée et le classement:

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Marseille co-leader du championnat, Le Miroir des Sports s’est vu dans l’obligation d’envoyer un reporter au stade de l’Huveaune, pour couvrir le match O.M.-Strasbourg.

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Des Strasbourgeois qualifiés pour les 1/2 finales de la Coupe de France mais qui ont pris une belle rouste dans l’antre du parc Borély: 4-0… sans démériter dit Achille Duchenne… qui ne reconnut pas l’équipe marseillaise empêtrée dans la boue sous un petit crachin qu’il avait vu à quelques reprises dans le Nord et l’Est de la France !

Pour sûr, sous le soleil printanier de Marseille, ce fut un festival offensif ponctué d’un triplé de Weiskopf auquel s’ajouta l’habituel but de l’avant-centre Mario Zatelli.

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Une vue de cette rencontre.

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la composition de l’équipe de l’O.M.

Rouen ayant aussi gagné, la tête de la première Division ne changera pas après cette 23ème journée.

Pour terminer, un document qu’on nous présente déjà comme étant un vieux papier.

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Un carnet autorisant la circulation des vélocipèdes dans Paris, papier indispensable que distribuait la Préfecture de Police en 1892. Un vieux papier très intéressant s’il était retrouvé de nos jours !

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBERT Augustin

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatrième nom de la liste: Aubert Augustin.

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Première face du Monument

La Grande Guerre d’Augustin Ambroise Aubert ne dura en tout et pour tout que 8 jours. Mobilisé comme bon nombre de réservistes le 03 août 1914, il rejoignit immédiatement son unité, le 58ème Régiment d’Infanterie en Avignon où il avait fait sa formation militaire et qu’il avait quitté, muni d’un Certificat de Bonne Conduite le 08 novembre 1913, moins de 9 mois auparavant.

Le temps de retrouver son paquetage et les 3 bataillons partaient la fleur au fusil prendre le train en traversant la ville sous les vivats des Avignonnais à la gare de Pont d’Avignon, qu’on appellerait Villeneuve-lès-Avignon de nos jours. On était alors le 5 août, plutôt le 6 pour le bataillon d’Augustin de Caderousse. Direction le nord-est de la France. Les trains déversèrent leurs flots de soldats du Midi  à Vézelise, à une trentaine de kilomètres au sud de Nancy (1)le 7 ou le 8 août. Pourquoi en cet endroit ?

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La carte de la région où se déroulèrent les premiers drames de la guerre.

N’oublions pas que la frontière entre la République et le Reich allemand n’était qu’à quelques dizaines de kilomètres à l’est (2), la Lorraine étant alors allemande depuis 1871. Les Vauclusiens avaient vocation à défendre cette frontière à l’est du département de la Moselle, tels étaient les ordres stricts de l’Etat-Major de la 2ème Armée commandée  par le général de Castelnau. Il fallait attendre que toutes les unités soient là pour tenter quoi que ce soit.

Les hommes du 58ème R.I. se retrouvèrent le 10 à quelques hectomètres du Reich, à Xures quand le général Lescot, commandant le secteur décida de son propre chef de traverser la frontière pour prendre le proche village de Lagarde (3), à 4 km à l’est de Xures. Les Allemands présents à Lagarde se replièrent après quelques coups de feu.

Le 11 août au matin, tout allait changer et c’est une division entière de Bavarois qui allaient contrattaquer et encercler le village de Lagarde tenu par un millier et demi de soldats français parmi lesquels se trouvait Augustin Aubert. De très durs combats allaient se dérouler toute la journée et Lagarde était repris le soir par les Allemands. Les pertes étaient très lourdes des 2 côtés.

Le bilan de cette journée est apocalyptique: on a dénombré 550 morts du côté français et 360 du côté allemand. D’autres sources estiment que les Français perdirent en quelques heures 969 hommes, tués, blessés ou faits prisonniers. Augustin Aubert était l’un de ceux-ci. Porté disparu un premier temps, il fut déclaré mort en juillet 1920. En même temps, son corps fut certainement retrouvé puisqu’il repose depuis à la Nécropole Nationale de Lagarde, sépulture individuelle 41, comme on peut le lire sur le site « Mémoire des Hommes »:

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/sepultures_guerre/detail_fiche.php?ref=2254890&debut=0

Quant au triste général Lescot, auteur de cette initiative criminelle, on lui retira tout commandement. Rare moment de lucidité de l’institution militaire !

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Fiche matricule de « Mémoire des Hommes ».

Augustin Ambroise Aubert, né le 10 mars 1890, était alors âgé de 24 ans 5 mois et 1 jour. Qu’advint-il de la ferme familiale située au quartier de la Fazendre (?) à Caderousse ? Son père Léon Adam était décédé et Augustin était seul à aider sa mère Marie-Rose née Charrier aux champs, ayant été reconnu un moment « soutien indispensable de famille » par le Conseil Départemental du Vaucluse avant que l’Armée ne le récupère au moment où les bruits de bottes se faisaient plus inquiétants aux frontières.

Augustin Ambroise Aubert, matricule 952 classe 1910, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubert étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

A suivre Julien Aubert.

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Le (petit) KIOSQUE de PRESSE DE 37: LE TEMPS du 14 mars 1937

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La guerre civile espagnole n’apparaît que dans la partie basse de la première page en y parlant de la bataille de Madrid dans le secteur de Guadalajara.

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Les communiqués de guerre des 2 camps sont diamétralement opposés.

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Globalement ces communiqués favorables aux Franquistes annoncent les avancées importantes des nationalistes, le désarroi du régime républicain (qui envoie des enfants combattre sans armes !). Toutefois quelques communiqués sont plus proches de la réalité connue de nos jours du 13 mars 1937. A ce moment, la contre-attaque républicaine a commencé et les Italiens connaissent leurs premiers revers.

En dernière page ces informations sont reprises.

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En supplément, on nous apprend que l’Allemagne proteste contre le fait que la  Pologne a utilisé le port de Dantzig pour envoyer du matériel militaire en Espagne (certainement aux Républicains). On reproduit également la protestation très détaillée du gouvernement républicain auprès de la S.D.N. en amenant des preuves sur la présences de soldats réguliers italiens dans les rangs franquistes suite à la capture de militaires italiens. Des affirmations très précises… sans réaction pour l’heure de la S.D.N.

En page intérieure, un intéressant article nous parle de la présence de Stéphane Mallarmé à Tournon, en Ardèche. Il y vint puisque nommé en ont que professeur d’anglais au Lycée de la ville.

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Il va y demeurer 3 ans. Le premier contact fut difficile et le poète détestait autant son travail que la bise rhodanienne et que l’esprit de cette petite ville. Puis peu à peu, il s’habitua grâce surtout au Rhône majestueux qu’il avait appris à aimer. A partir de ce moment, sa correspondance est apaisée et sa force créatrice reprend le dessus.

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Le (petit) KIOSQUE de PRESSE DE 37: LE TEMPS du 13 mars 1937

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Le Temps du 13 mars 1937 n’a pas d’événement majeur de mettre en avant ce jour. Si ce n’est la guerre d’Espagne où les Franquistes continuent de dire que Madrid va bientôt être prise.

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Ce coup-ci, ce n’est plus par le nord ni par le sud que l’attaque se prépare mais par l’est, du côté de Guadalajara. Aussi le journal a mis la carte neutre des lieux pour que son lectorat s’y retrouve. Un journal qui se contente de recopier les communiqués de presse des 2 camps, voire des pays s’ingérant dans le conflit. Pas de texte provenant de ses propres journalistes.

Un communiqué républicain annonce la capture de plusieurs gradés et 40 hommes du rang italiens. mais les démocraties ne crurent ou firent semblant de ne pas croire ses allégations. Pourtant l’état-major républicains donne le nom du général en chef italien, la général Manzini et le nom des 4 divisions fascistes venues en aide aux franquistes: la division Littorio, celle des Plumes Noires, la Temararia et une quatrième au nom inconnu.

Par contre, le communiqué franquiste annonce des victoires du côté de Guadalajara, en rêve certainement ! même chose du côté de Jarama où les Franquistes crient victoire.

Le Temps produit un témoignage d’un Brigadiste ayant déserté. Quelques vérités et pas mal d’erreurs.

Des incidents maritimes:

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Un patrouilleur républicain réfugié à La Rochelle pour y faire des réparations.

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L’attaque d’un cargo français totalement inoffensif par les Franquistes, sans mal pour l’équipage ni pour le navire.

Suite des nouvelles en page intérieure et en dernière page.

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Le gouvernement républicain réfugié à Valence proteste contre la présence massive de militaires italiens combattant aux côtés de Franquistes. Sans grande réaction des Démocraties.

En dernière page, les dernières minutes.

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Nombres de brèves reprennent ce qui a été dit en première page et en page intérieure (la pression sur Madrid, le « Donostia  » réfugié à La Rochelle, les « volontaires » italiens aux côtés de Franco). Une nouvelle non lue: le gouvernement franquiste de Burgos a décidé l’échange de la monnaie républicaine contre une monnaie fasciste dans les territoires « libérés » par les Franquistes.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 1/25 VERNAISON

Traverser le Rhône a toujours été un gros problème de part le caractère irascible du fleuve. Le fait que la « civilisation » ancienne des hommes de la rive droite du Rhône, ceux qui ont dessiné Chauvet et construit dolmens et menhirs, n’ait pas débordé sur la rive droite au même climat et à la même caractéristique géologique, est certainement dû  à cet obstacle majeur et dangereux que représentait le fleuve.

Construire des ponts fut bien souvent essayé mais le fleuve se chargeait régulièrement de renvoyer les hommes devant leurs limites. Les ponts en bois étaient emportés, les ponts en pierre connurent le même sort, autant en Avignon qu’à Vienne. Finalement, le premier pont qui résista au fleuve fut celui de Pont-Saint-Esprit achevé en 1309 et toujours debout en 2017.

Le moyen le plus sûr et le plus régulier pour traverser le fleuve, ce fut la barque, jusqu’à l’invention par Marc Seguin et ses frères des ponts « en fil de fer », les ponts suspendus, plus légers, plus facilement constructibles et moins coûteux. Même après 1825, les bacs restèrent actifs. Des bacs à rames au début, puis des bacs à traille.

La série de documents qui sera présentée au fil des articles pourra être accompagnée de remarques (espérons) pertinentes grâce à la lecture de la thèse en doctorat d’Henri Cogoluenhe soutenue en 1969 à la faculté catholique de Lyon. Pour les gens de la Drôme-Ardèche, elle est à disposition du public en salle de lecture aux Archives Départementales de la Drôme à Valence. C’est une mine de renseignements sur ce que fut la vie de ces bacs et bacs à traille depuis des temps immémoriaux jusqu’aux années 1970 pour certains, date à laquelle le Rhône fut dompté par les aménagements de la C.N.R. et où les lieux pour le traverser furent multipliés par la construction de ponts, barrages et usines hydroélectriques.

Première étape: le Bac à traille de VERNAISON.

Vernaison est un joli coin de verdure, à quelques encablures de Lyon et à 2 pas du couloir de la chimie. Les vents poussent les fumées et odeurs d’hydrocarbures vers le nord ou le sud en épargnant l’ouest. C’est à Vernaison que Paul Claudel prit une longue halte, le temps d’y écrire entre autre les « Pirates du Rhône ».

C’est aussi à Venaison qu’a été conservé (presque) en état de fonctionner la traille qui servit jusque dans les années 1950. On y reviendra.

Une traille, c’est…

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une pile traille plantée sur une berge. Ici, celle de la rive droite, côté Venaison, toute proche de la voie ferrée.

En face, sur la rive gauche et la commune de Solaise,…

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l’autre pile de traille, au milieu d’une prairie proche du Rhône et d’un restaurant de renom. On distingue bien l’escalier qui permettait au passeur d’accéder au sommet pour aller huiler la poulie sur laquelle coulissait la traille.

La traille, on la distingue ici allant d’une pile à l’autre au dessus du fleuve.

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Elle est fixée à la pile de la rive gauche et enroulée sur un tendeur de traille au pied de la pile de la rive droite, pour lui donner plus de souplesse, en fonction du chargement de la barque ou du débit du fleuve:

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La barque permettant de traverser le Rhône coulissait sur cette traille, attachée qu’elle est à celle-ci par un autre cable, le traillon.

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C’est uniquement la force de l’eau et l’angle du bateau avec le fleuve qui le faisait progresser et traverser, comme on le voit sur ce schéma que l’on doit à Henri Cogoluenhe, emprunté à sa thèse.

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Le bac de Vernaison existe depuis très longtemps. Henri Cogoluenhe en a retrouvé des traces écrites dès le XIIème siècle et son existence est certaine au XIVème siècle. C’est à ce moment que les bacs à rames deviennent des bacs à traille, l’invention de cette méthode de locomotion datant de cette époque. Les piles maçonnées ne sont pas aussi anciennes. Elles ont été construites au début du XIXème siècle. La traille fonctionna jusqu’à la mise en service du premier pont suspendu, celui-ci:

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L’armée française en retraite le détruisit en juin 1940 pour retarder l’avance de la Wehrmacht. Le bac fut alors remis en service pour quelques 15 années, jusqu’à l’achèvement du nouveau pont de Vernaison, celui qu’on a vu plus haut. Voici sur cette CPSM, le bac qu’on pouvait emprunter dans les années 50.

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On distingue au fond la pile de traille de la rive droite, proche de la voie ferrée.

A suivre, le bac d’Oullins.

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