Le (petit) KIOSQUE de PRESSE DE 37: LE TEMPS du 13 mars 1937

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Le Temps du 13 mars 1937 n’a pas d’événement majeur de mettre en avant ce jour. Si ce n’est la guerre d’Espagne où les Franquistes continuent de dire que Madrid va bientôt être prise.

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Ce coup-ci, ce n’est plus par le nord ni par le sud que l’attaque se prépare mais par l’est, du côté de Guadalajara. Aussi le journal a mis la carte neutre des lieux pour que son lectorat s’y retrouve. Un journal qui se contente de recopier les communiqués de presse des 2 camps, voire des pays s’ingérant dans le conflit. Pas de texte provenant de ses propres journalistes.

Un communiqué républicain annonce la capture de plusieurs gradés et 40 hommes du rang italiens. mais les démocraties ne crurent ou firent semblant de ne pas croire ses allégations. Pourtant l’état-major républicains donne le nom du général en chef italien, la général Manzini et le nom des 4 divisions fascistes venues en aide aux franquistes: la division Littorio, celle des Plumes Noires, la Temararia et une quatrième au nom inconnu.

Par contre, le communiqué franquiste annonce des victoires du côté de Guadalajara, en rêve certainement ! même chose du côté de Jarama où les Franquistes crient victoire.

Le Temps produit un témoignage d’un Brigadiste ayant déserté. Quelques vérités et pas mal d’erreurs.

Des incidents maritimes:

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Un patrouilleur républicain réfugié à La Rochelle pour y faire des réparations.

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L’attaque d’un cargo français totalement inoffensif par les Franquistes, sans mal pour l’équipage ni pour le navire.

Suite des nouvelles en page intérieure et en dernière page.

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Le gouvernement républicain réfugié à Valence proteste contre la présence massive de militaires italiens combattant aux côtés de Franquistes. Sans grande réaction des Démocraties.

En dernière page, les dernières minutes.

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Nombres de brèves reprennent ce qui a été dit en première page et en page intérieure (la pression sur Madrid, le « Donostia  » réfugié à La Rochelle, les « volontaires » italiens aux côtés de Franco). Une nouvelle non lue: le gouvernement franquiste de Burgos a décidé l’échange de la monnaie républicaine contre une monnaie fasciste dans les territoires « libérés » par les Franquistes.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 1/25 VERNAISON

Traverser le Rhône a toujours été un gros problème de part le caractère irascible du fleuve. Le fait que la « civilisation » ancienne des hommes de la rive droite du Rhône, ceux qui ont dessiné Chauvet et construit dolmens et menhirs, n’ait pas débordé sur la rive droite au même climat et à la même caractéristique géologique, est certainement dû  à cet obstacle majeur et dangereux que représentait le fleuve.

Construire des ponts fut bien souvent essayé mais le fleuve se chargeait régulièrement de renvoyer les hommes devant leurs limites. Les ponts en bois étaient emportés, les ponts en pierre connurent le même sort, autant en Avignon qu’à Vienne. Finalement, le premier pont qui résista au fleuve fut celui de Pont-Saint-Esprit achevé en 1309 et toujours debout en 2017.

Le moyen le plus sûr et le plus régulier pour traverser le fleuve, ce fut la barque, jusqu’à l’invention par Marc Seguin et ses frères des ponts « en fil de fer », les ponts suspendus, plus légers, plus facilement constructibles et moins coûteux. Même après 1825, les bacs restèrent actifs. Des bacs à rames au début, puis des bacs à traille.

La série de documents qui sera présentée au fil des articles pourra être accompagnée de remarques (espérons) pertinentes grâce à la lecture de la thèse en doctorat d’Henri Cogoluenhe soutenue en 1969 à la faculté catholique de Lyon. Pour les gens de la Drôme-Ardèche, elle est à disposition du public en salle de lecture aux Archives Départementales de la Drôme à Valence. C’est une mine de renseignements sur ce que fut la vie de ces bacs et bacs à traille depuis des temps immémoriaux jusqu’aux années 1970 pour certains, date à laquelle le Rhône fut dompté par les aménagements de la C.N.R. et où les lieux pour le traverser furent multipliés par la construction de ponts, barrages et usines hydroélectriques.

Première étape: le Bac à traille de VERNAISON.

Vernaison est un joli coin de verdure, à quelques encablures de Lyon et à 2 pas du couloir de la chimie. Les vents poussent les fumées et odeurs d’hydrocarbures vers le nord ou le sud en épargnant l’ouest. C’est à Vernaison que Paul Claudel prit une longue halte, le temps d’y écrire entre autre les « Pirates du Rhône ».

C’est aussi à Venaison qu’a été conservé (presque) en état de fonctionner la traille qui servit jusque dans les années 1950. On y reviendra.

Une traille, c’est…

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une pile traille plantée sur une berge. Ici, celle de la rive droite, côté Venaison, toute proche de la voie ferrée.

En face, sur la rive gauche et la commune de Solaise,…

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l’autre pile de traille, au milieu d’une prairie proche du Rhône et d’un restaurant de renom. On distingue bien l’escalier qui permettait au passeur d’accéder au sommet pour aller huiler la poulie sur laquelle coulissait la traille.

La traille, on la distingue ici allant d’une pile à l’autre au dessus du fleuve.

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Elle est fixée à la pile de la rive gauche et enroulée sur un tendeur de traille au pied de la pile de la rive droite, pour lui donner plus de souplesse, en fonction du chargement de la barque ou du débit du fleuve:

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La barque permettant de traverser le Rhône coulissait sur cette traille, attachée qu’elle est à celle-ci par un autre cable, le traillon.

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C’est uniquement la force de l’eau et l’angle du bateau avec le fleuve qui le faisait progresser et traverser, comme on le voit sur ce schéma que l’on doit à Henri Cogoluenhe, emprunté à sa thèse.

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Le bac de Vernaison existe depuis très longtemps. Henri Cogoluenhe en a retrouvé des traces écrites dès le XIIème siècle et son existence est certaine au XIVème siècle. C’est à ce moment que les bacs à rames deviennent des bacs à traille, l’invention de cette méthode de locomotion datant de cette époque. Les piles maçonnées ne sont pas aussi anciennes. Elles ont été construites au début du XIXème siècle. La traille fonctionna jusqu’à la mise en service du premier pont suspendu, celui-ci:

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L’armée française en retraite le détruisit en juin 1940 pour retarder l’avance de la Wehrmacht. Le bac fut alors remis en service pour quelques 15 années, jusqu’à l’achèvement du nouveau pont de Vernaison, celui qu’on a vu plus haut. Voici sur cette CPSM, le bac qu’on pouvait emprunter dans les années 50.

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On distingue au fond la pile de traille de la rive droite, proche de la voie ferrée.

A suivre, le bac d’Oullins.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 11 mars 1917

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(JOUR 951 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Le Président Poincaré remet la Croix de Guerre à un ministre italien. Pour le féliciter de l’effondrement du front italien ?

Le contenue de ce Miroir du 11 mars 1917.

A Paris, les restaurants affichent des menus de guerre, moins copieux et beaucoup plus chers.

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un repas populaire de 440 grammes coûtant 2,35 francs (contre 1,60 francs avant-guerre)

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un repas d’un grand restaurant de 1,250 kg dont le prix est passé de 14,75 francs à 21,50 francs.

L’un comme l’autre, c’est mieux que le rata des tranchées.

Partout c’est la boue dans les tranchées.

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En Macédoine, des claies pour permettre de ne pas s’embourber.

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L’offensive britannique de Miraumont a permis d’atteindre la rivière Ancre où l’eau est partout.

Des nouvelles d’autres fronts:

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une ambulance russe sur le front russo-roumain.

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ravitaillement de vivres britannique avec les camions pour le porter et un entrepôt pour le stocker, tout cela sur le front français.

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un long corridor sourer rain bien étayé pour rejoindre les lignes de tranchées.

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en Afrique, les Allemands ont perdu leur dernière colonie. Une coalition de Britanniques, Portugais et Belges les a chassé de l’Est Africain.

Aux Etats-Unis, depuis la rupture des relations diplomatiques avec l’Allemagne, il faut se prémunir d’éventuelles attaques d’agents pro-germaniques.

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Les autorités font garder jour et nuit les sites sensibles: ponts, aqueducs, quais, gares… Il faut dire que de nombreux Allemands ont migré vers ce jeune pays.

la page Aviation.
En double page centrale, une cérémonie présidée par le nouveau ministre de la guerre, le général Lyautey…

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remise de médailles à de valeureux pilotes tandis que Guynemer est promu capitaine.

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Près de Monastir, sur le Front d’Orient, l’équipage d’un avion allemand abattu a été enterré et on a planté les hélices des appareils abattus près des tombes.

 La page Maritime maintenant. C’est toujours les dangers que représentent les attaques des sous-marins allemands qui sont évoquées.

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Ce transatlantique « Laconia » a été torpillé entraînant la mort de 12 personnes (6 passagers et 6 membres de l’équipage). Ce paquebot britannique de la Cunard Mine, lancé le 20 janvier 1912 a coulé le 25 février 1917. Son successeur qui sera lancé le 9 avril 1921 connaîtra le même sort le 12 septembre 1942 pour un bilan bien plus lourd (1 658 victimes).

dsc01594Sur certains bateaux civils on embarque des canons pour lutter contre les U-boat.

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Le capitaine et l’équipage du cargo « Orléans  » sont reçus triomphalement à Bordeaux après avoir défié la mort en traversant l’Atlantique.

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JEUX: Soirée LUDIVORES avec ISLE OF SKYE et FIVE TRIBES (mercredi 8 mars 2017)

Une soirée assez sympa ce mois-ci à la MJC pour la 128ème des Ludivores… A raison de 10 par an, cela ne nous rajeunit pas !

Au programme une découverte et un standard connu.

Yannick nous fait découvrir ISLE OF SKYE.

Un jeu intéressant suivant le principe de CARCASSONNE amélioré. Il faut essayer de construire son territoire en achetant des tuiles mises en vente par ses voisins ou avec ses propres tuiles si vos voisins ne vous les achètent pas.

Le tour est assez rapide puisqu’il n’y a qu’un seul achat et à la fin de celui-ci on fait un décompte des points à partir d’un critère de notation (le plus de bateaux, le plus de tuiles en carré, le plus de routes reliées à la capitale, le plus de territoires fermés d’au moins 3 espaces…). 6 tours de jeux, des critères de notation nombreux pour la re-jouabilité du jeu… Une victoire de Yannick notre présentateur… et des scores relativement serrés. Sympa, un cran au dessus de CARCASSONNE, pour sûr!

La table des scores en fin de partie (je suis « le jaune »)

Seconde partie de soirée avec du « connu »: FIVE TRIBES.

A 3. Fred gagne la partie en utilisant une stratégie inédite: l’achat de cartes Djinns à gogo avec des effets en forme de poupées russes… ce dont je suis incapable de maîtriser ! Je suis pas loin derrière en ayant eu du mal avec l’achat de ressource pour cause d’une pioche peu favorable mais je n’avais jamais autan fait l’action multiplicative des meeples bleus.

Une bonne soirée surtout qu’en parallèle (sur le téléphone, des coups d’oeil furtifs), Paris a pris une rouste retentissante à Barcelone. Quel pied ! Eux qui apprend-on aujourd’hui étaient en négociation avec le Préfet de Police de Paris pour organiser la descente des Champs au mois de mai après leur victoire en Ligue des Champions ! Dans le sud, on dit couillons !

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Le (petit) KIOSQUE de PRESSE DE 37: LE MIROIR DES SPORTS du 09 mars 1937

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Comme on le supposait dans l’article présentant le Petit Marseillais du 6 mars, c’est bien une journée dédiée à la Coupe de France qui occupait le monde footballistique du dimanche 7 mars 1937. L’O.M. éliminait jouait amicalement contre les « Etrangers » du Sud-Est mais l’important pour le Miroir des Sports se déroulait plus au nord de la France avec des 4 quarts de finales de dame Coupe.

La une ci-dessus montre un public normand aux anges, à la sortie des joueurs à la mi-temps de ce 1/4 de finale de Coupe de France se déroulant au stade des Bruyères avec les petits de Boulogne (club des seconde division) faisant la peau du grand Racing Club de Paris. 1-0 à la mi-temps.

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Score final inchangé à l’issue d’un match très engagé, comme on le voit avec la détermination des « foncés » de Boulogne pour défendre face aux stars parisiennes.

Les autres 1/4 de finale de cette Coupe de France de football:

Dans un Parc des Princes,..

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…bien garni, Strasbourg-Red Star, deux clubs de l’élite.

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Là aussi, match acharné qui vit la qualification des Alsaciens 3-1 au dépend des banlieusards parisiens.

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Où est passé le ballon ?

Troisième quart de finale, dans le Nord, à Roubaix et dans la boue…

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…Rouen-Dunkerque. Logique respectée, les co-leaders du Championnat de Première Division se sont défaits des 12ème de Deuxième Division 2-0.

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Dernier quart de finale, joué à Toulouse, sur une pelouse qui sent que le printemps arrive dans le sud…

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Sochaux-Cannes, deux clubs de l’élite, soldé par un 0-0 synonyme de match à rejouer (en milieu de semaine).

Si le football en était au 1/4 de finale de sa Coupe de France, le rugby, lui, avait un tour de retard pour son championnat: on jouait les 1/8ème de finale. En voici les résultats:

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Qualifications de l’A.S. Montferrand, Carcassonne, Narbonne (le tenant du titre), Vienne, Perpignan, le L.OU. (Lyon), Pau, Grenoble.  Seuls Montferrand, le L.O.U. et Grenoble font de nos jours partie de l’élite du Top 14, d’un cheveu pour le dernier cité.

Un scène de la rencontre Perpignan-Tarbes 8-3 à Toulouse, sur un stade plus « professionnel » que celui réservé au football.

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La fin de l’hiver a été pluvieuse et le National de Cross country prévu sur l’hippodrome de Maisons-Lafitte a été annulé… et pour causes !!!

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Le National des Belges s’est, lui, déroulé dans des conditions climatiques difficiles…

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la neige !

Autre photo d’inondations, celles de la Marne…

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une vue de la villa du cycliste français Archimbaud, bâtie avec ses gains de ses victoires, qui trempe dans les eaux de la Marne !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 8 mars 1917

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(JOUR 948 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Encore une tranchée « de première ligne » (nous dit-on) à la une de ce numéro de La Guerre Photographiée. On y voit une cantine dans un cagnat. Certainement vrai mais pas en première ligne !

Des prisonniers de guerre français en Allemagne

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au camp de Landshut en Bavière. Ville située à 80 km environ au nord-est de Munich, suivant le site http://www.chtimiste.com/album/Camps%20Prisonniers/Camps%20existants/Landshut/index.html, ce camp accueillait un peu plus de 300 prisonniers français en 1916. Quant à la vue présentée, elle date de 4 mois, Toussaint 1916 !

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camp de Ludwigsburg-Eglosheim. Plus près de la France puisque la ville de Ludwigsburg-Eglosheimest située à 15 km au nord de Stuttgart. Suivant le forum http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/photos-14-18/lieux/camp-prisonniers-sujet_1946_1.htm, ce camp était conséquent avec plus de 5 000 prisonniers français mais aussi russes, serbes, italiens et les conditions d’enfermement n’étaient pas fameuses. Les hommes travaillaient dans l’agriculture mais aussi des mines de sel, des carrières de pierres.

Double page centrale avec des vues du front d’Orient et de la campagne des armées en Macédoine.

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On y voit des vues paisibles de paix: un camp de réfugiés, des postes d’observations, des paysages (gué, la brousse y est-il écrit !), l’entretien des routes et le ravitaillement. Rien à voir avec une vraie campagne !

Une seule page sur le front d’Italie.

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4 vues un peu plus guerrières mais rien d’inquiétant comme on nous le montre sur le front français: un sous-marin italien appelé Médusa, des postes d’observations folkloriques, un défilé de troupes alpines italiennes.

D’autres images de prisonniers, ennemies ceux-là:

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en haut des Bulgares pris par les troupes russo-roumaines;

en dessous des Allemands retenus dans un camp dans le Midi de la France, sans plus de précision.

En dernière page, on parle des Britanniques et sans que cela ne soit volontaire, on y voit 2 époques de l’histoire militaire:

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en haut, des lanciers à cheval, fierté de l’Empire Britannique au XIXème siècle;

en dessous une unité motorisée équipée de mitrailleuses, certes peu utiles dans la guerre de tranchées mais qui préfigure la guerre de demain.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBÉPART Ernest Marius

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Troisième nom de la liste: Aubépart  Ernest.

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Première face du Monument

Au moment de faire son choix de vie, Ernest Aubépart alors âgé de 18 ans (il était né le 29 février 1888 à Caderousse) décida de ne pas s’investir dans la fabrique de balais de ses parents Jean Aubépart et Marie Pinchon, aux côtés des siens. Il devança l’appel et s’engagea dans l’armée pour une durée de 5 ans. On était alors le 18 octobre 1906 et fut affecté au 8ème Régiment d’Infanterie Coloniale. Il rejoint Toulon où le Régiment était caserné, près du port d’où il pouvait partir rapidement vers les Colonies.

Ernest Aubépart allait faire tout le reste de sa carrière dans l’armée, signant régulièrement des rengagements jusqu’à la déclaration de guerre. Il monta rapidement dans les grades jusqu’à devenir sous-lieutenant au début de l’année 1915. C’est la mort qui le faucha bien vite qui l’empêcha d’aller plus haut. Il fit aussi toute sa carrière militaire dans les troupes coloniales.

En 1910, le sergent Aubépart se retrouva au 2ème Régiment de Tirailleurs Tonkinois  (le 2ème RTTON pour les puristes) et partie en campagne au Tonkin où une énième rébellion devait être mâtée. Il connut ainsi la guerre à partir du 15 mars 1910, bien avant le 03 août 1914.

A cette date, il était sergent major au 42ème Régiment d’Infanterie Coloniale, rapidement engagé face aux Allemands après un regroupement du côté de Morières-les-Avignon avant de prendre le PLM en Avignon, le 21 août 1914.

Lorraine, Marne, Hauts de Meuse furent les combats qui coûtèrent très chers au 42ème R.I.C…. comme à l’ensemble des régiments engagés en début de cette guerre que les responsables n’attendaient pas.

Après cette saignée qui n’atteint pas Ernest Aubépart, les coloniaux du 42ème R.I.C. se retrouvèrent en mars 1915 dans le secteur de Vauquois, 25 kilomètres à l’ouest de Verdun. En ce début de la guerre des tranchées qui allait durer 3 ans, c’était sans conteste l’endroit où il ne fallait pas être à tout prix ! Vauquois, c’est le symbole de la guerre bête, méchante  et inutile, de la destruction pour la destruction, où des stratèges des 2 bords envisagèrent de rayer une colline, une butte, du paysage faute de pouvoir en chasser ses adversaires ! Vauquois ou la guerre des mines (voir petit mémoire après la fin de l’article). Ce n’est pas l’explosion d’une mine qui emporta Ernest Aubépart mais une balle ennemie alors qu’à la tête de sa section, « il emmenait brillamment ses hommes à l’assaut d’une position fortifiée » comme le dit le texte de la citation qu’il reçut à titre posthume, le 16 avril 1915. On était le 04 mars 1915 et ces terribles assauts, tous repoussés par les Allemands, mieux protégés, plus nombreux et surtout tenant les hauteurs du terrain, firent à nouveau de très nombreuses victimes. Ces journées sont racontées dans un petit livret dédié aux campagnes du 42ème Régiment d’Infanterie Coloniale durant la Grande Guerre. Voici les 2 pages qui nous intéressent:

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Ernest Aubépart était âgé de 27 ans dont 9 sous les drapeaux. Il ne semble pas reposer dans le premier cimetière de Caderousse.

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Fiche matricule de « Mémoire des Hommes ».

Ernest Marius Aubépart, matricule 1520 classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon  pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubépart étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

VAUQUOIS

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Pour le grand malheur du petit village de Vauquois (168 habitants en 1911), universellement connu comme symbole de la guerre des mines, il avait le double handicap d’être bâti 1- sur une butte culminant à 290 mètres d’altitude 2-dominant la ligne de front, une fois celui-ci stabilisé: les Allemands qui tinrent en premier cette hauteur avaient un énorme avantage qui, un jour ou l’autre, leur aurait permis d’enfoncer le front adverse en empêchant l’arrivée des renforts par la route Sainte-Menehould-Verdun. Ce n’est pas par hasard que la grande offensive de 1916 se passa dans le secteur de Verdun. Alors l’état-major français inventa la guerre des mines. Puisque la position était imprenable par les fantassins, on demanda aux sapeurs du génie de creuser des tunnels et aux artificiers (les pompiers de Paris) de placer des charges explosives sous les tranchées adverses. On récupérait ainsi le terrain tenu par les autres. Sauf que cela une fois arrivé, les autres procédaient de même ! Cette guerre dura ainsi jusqu’au début de 1918. Le village de Vauquois fut rapidement rayé de la carte et après le tir de 519 mines sur une période de 70 mois (199 allemandes et 320 français), des mines de plus en plus puissantes, le paysage qui fut rendu à la vie civile quand les troupes américaines le libérèrent définitivement ressemblait… à la Lune… et y ressemble toujours, la végétation en plus ! La butte était descendue de plusieurs dizaines de mètres  et la colline était parcourue de plusieurs centaines de kilomètres de galeries ! Le village de Vauquois fut reconstruit en contrebas avec l’aide de la ville d’Orléans et les spéléologues-fouilleurs-amateurs d’armes ont depuis 1919 trouvé un terrain formidable pour assouvir leur passion malgré les interdictions officielles dans cette zone toujours classée rouge.

A suivre: Augustin Aubert.

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Le (petit) KIOSQUE de PRESSE DE 37: LE PETIT MARSEILLAIS du 06 mars 1937

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Une « une » morcelée pour ce Petit Marseillais du 06 mars 1937. Pas d’évènement majeur pour attirer le lectorat: le gouvernement de Front Populaire revient à l’emprunt et au libéralisme se gargarise la presse de droite (car le Petit Marseillais est plutôt -très- à droite), la mi-Carème et un monôme étudient à Montmartre, des incidents dans le sud-Tunisien entre grévistes autochtones et non-grévistes européens qui firent 17 morts après l’intervention de la police, la guerre d’Espagne qui se poursuit, on va y revenir.

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Gros plan sur l’article relatant Le Drame Espagnol. Le titre annonce les destructions des maisons par les mineurs des Asturies, à Oviedo comme on peut le lire ci-dessous… (sans trop comprendre à quel camp appartiennent ces hommes) et une photo qui ‘a rien à voir avec le titre montrant l’embrigadement de la jeunesse par la Phalange, à Ceuta, dans le Maroc espagnol. Oviedo acquise à la rébellion fut longtemps encerclée par les Républicains et ne fut « libérée » qu’en octobre 1937. La ville alors était réduite en cendres.

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Autre article évoquant des tensions entre le gouvernement de Catalogne et celui de la République suite à la perte de Malaga. Guère plus clair que l’article précédent !

Le Petit Marseillais édition de Marseille parle bien entendu de Marseille. On a noté:

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La rénovation et bientôt la réouverture de l’aquarium méditerranéen du côté d’endorme, bel ensemble qui peu à peu avait perdu de sa superbe et qui a pu être restauré. Ce bâtiment était né par la volonté de Fortuné Marion qui créa la Station Marine d’Endoume en 1882, station doublée du fameux aquarium qui exista jusque dans les années 50. Aujourd’hui, ce bâtiment est occupé par l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale, dépendant du CNRS.

Du sport pour terminer avec l’annonce du match amical de football demain dimanche 7 mars (1937) entre le nouveau (co-)leader du championnat de France de première division, l’O.M. et les (joueurs) Etrangers évoluant dans des clubs professionnels du Sud-Est.

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 Un tour de Coupe de France devait se dérouler ce dimanche et comme les clubs du Sud-Est sont presque tous éliminés de cette compétition, ce match amical fut organisé à l’Huveaune.

On lit dans la composition des équipes que…

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…pas moins de 5 joueurs marseillais sont prévus dans l’équipe des Etrangers du Sud-Est dont el jaguars Vasconcellos, le bondissant gardien de but de l’Olympique de Marseille.

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JEUX chez DANIEL et MARIE: le tout nouveau PANDEMIC IBERIA (en Espagne) au programme de la soirée du jeudi 2 mars 2017.

Marie vient d’acheter le tout nouveau jeu coopératif inspiré de PANDÉMIE. Il s’agit de combattre des maladies dans l’Espagne du XIXème siècle.

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Un joli plateau de jeu, rappelant des jeux anciens.

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Des règles globalement proches de celles du jeu de base. Bien sûr, pas d’avion mais la possibilité de construire des trains comme on le voit sur cette carte en début de partie.

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Le chemin de fer raccourcit le délai des déplacements. On pouvait traverser l’Espagne du nord au sud en une action !

Par contre, impossible d’éradiquer une maladie. Pour trouver un vaccin, il faut 5 cartes de la même couleur dans un hôpital de cette couleur (placé sur une ville de cette couleur). On peut aussi se déplacer sur les mers. Il existe également des gouttes d’eau qui peuvent être posées sur une région et qu’on retire une à une quand une maladie apparaît sur une ville de cette région.
Les cartes sont simplifiées et possèdent une touche historique.

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Plus de rôles mais en étant 4, on a choisi (ce coup-ci) ceux qui nous convenaient le mieux. J’étais la scientifique capable de traiter plus facilement les maladies.
Bilan de la soirée:

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Les 4 vaccins découverts à 6 cartes du but…

Un joli plateau bien garni où les maladies n’attendaient pas grand chose pour proliférer.

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Sur leur première partie à 3 (avec un joueur factice) Marie et Daniel n’avaient pas sauvé l’Espagne !

Fin de soirée avec un bon (et traditionnel) CAMEL UP !

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Une pyramide, des chameaux quelquefois en pyramide…

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et une victoire de Preston à plus de 40 points !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 04 mars 1917

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(JOUR 944 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une photographie un tantinet ridicule à la une du numéro du 4 mars 1917 du Miroir. Les cavaliers portent le masque à gaz mais les chevaux également. Pas sûr que cette innovation fut une réussite !

 C’est plutôt la photo de la doublage centrale qui aurait dû faire la une de ce numéro.

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Sous le titre « L’émouvante immersion en Méditerranée d’un »ANZAC » décédé à bord d’un transport », on y voit la foule des soldats australiens rendant hommage à l’un des leurs, dont la dépouille, suivant la tradition maritime, sera jetée à la mer après son décès.

Les Français attendent avec impatience l’arrivée des Américains… qui, pour l’heure n’ont pas encore déclaré la guerre aux Allemands. Pourtant, on nous montre les usines d’armement US qui tourne à plein rendement pour produire les armes qu’auront besoin les futurs « Poilus américains ».

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Les usines françaises produisent de leur côté des obus gigantesques (du 280) qui sont transportés par wagonnets.

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Les Anglais, eux, sont à Giraumont, dans la Somme sur la neige de février 1917. On nous raconte une violent attaque qui s’est déroulée entre Grandcourt et Pys et qui s’est soldée par une avancée de 1 000 mètres dans les lignes allemandes et la mise hors combat de 773 prisonniers.

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Pas sûr que « les « Tommies » soient si contents de sortir de la longue inaction de l’hiver » comme nous le dit la légende de la photo.

En Angleterre, c’était le dernier jour pour souscrire à l’emprunt de guerre anglais. On voit la foule rassemblée à Trafalgar Square pour une manifestation patriotique organisée en cette occasion…

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avec la façade de la national Gallery et la statue de Nelson recouvertes d’immenses affiches de propagande.

Poétique image d’un feu de joie en bord de mer, du côté de la Grèce.

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Mais ici, ce sont des armes confisquées dans des monastères orthodoxes qui brûlent au vent marin. Les couvents étaient des lieux de propagande germanophile et les Français les inspectaient pour détruire les caches d’armes qui pourraient servir contre eux.

Pas de problème de cet ordre en Nouvelle-Calédonie…

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…où les recrues venues de Tahiti s’apprêtent à rejoindre la Métropole et les tranchées du nord et de l’est du pays.

Pour terminer, une note humoristique.
Une lit en cage…

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dans un cagna permettant à son propriétaire à se reposer sans redouter d’être dérangé par…

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…les rats !

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